5fi'J PJÉRIODE IX.
est un événement que les contemporains ont jugé avecune grande sévérité, et qu'on ne sauroit entière-ment justifier, parce qu’il est de la nature de touteguerre de prévention, de détruire les preuves de sanécessité. Si néanmoins, d’une part, on considère cequ’après la paix de Tilsit , demandoit l’intérêt deBuonaparte , ou, pour mieux dire , l’exécution du-système qu’il avoit conçu ; si, d’une autre part, onexamine la conduite que, peu de temps après , il s’estpermise contre le Portugal et l’Espagne , il est impos-sible de ne pas excuser l’Angleterre. La paix de Tilsitavoit exclu le commerce anglois de tous les ports mé-ridionaux de la mer Baltique ; c’étoit peu de chosetant que la Suède et surtout le Danemarck qui, par leJutland , communique avec le continent , lui ou-vroient leurs ports. Plusieurs indices annonçoient quel’intention de Buonaparte étoit de s’emparer du Dane-marck aussitôt après la paix de Tilsit, et le ministèreanglois a assuré être en possession des preuves de ceplan.
Le gouvernement britannique mit à l’expédition «par laquelle il résolut de prévenir ce plan , une activitéet une célérité dont il n’avoit pas fiait preuve jusqu’àprésent, lorsqu’il s’agissoit de venir au secours de sesalliés ; et cette différence dans sa conduite n’a pas peuservi à faire juger défavorablement l’entreprise qu’ilexécuta contre le Danemarck en 1807.
Une flotte angloise, portant une armée de débar-quement à laquelle se réunit ensuite la légion hanô-vrienne de 7,000 hommes , qui étoit encore dans l'îl ede Rugen , sortit des ports d’Angleterre'vers la fin dejuillet et au commencement d’août. Elle se partage*" 1en deux divisions, dont l’une sous le commodoreKeals , se plaça au grand Bell que jusqu’alors on avoitcru intenable à des vaisseaux de guerre^ elle coup*ainsi l’île de Sélande de la terre-ferme où se trouvoffl’armée danoise et le prince royal. La seconde divi-sion , sous les ordres de l’amiral Gambier , portant destroupes de débarquement que commandoit lord Caih-