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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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8o HISTOIRE DE L’ORDRE

SscTios sollicitât d’attendre que l’hiver fût passé. Son dessein étoit de se rendrem. incessamment en Italie pour délibérer avec le Pape du lieu où l’on 'fixeroitta résidence de la Religion. Pendant son séjour en Candie, le Métropoli-àâ/Latin de Rhodes y arriva avec son Clergé. Soliman les avoit chassésEtabìijfL fous prétexte qu’ils n’étoient ni Grecs ni Rhodiens , & qu’il ne vouloirment dam souffrir dans ses Etats aucun Latin. Le Grand-Maître assigna à ce Prélat’///<? ru une pension fur le trésor de l’Ordre , & comme il prit depuis l’habit de laEho eb j^ e j]gj on ^ jj j e nomm a Prieur de l’Eglife , alors la premiere Dignité Ecclé--- Plastique de l’Ordre, qui lui donnoit entrée dans le Conseil, & la pre-miere place après le Grand-Maître. Ce fut ce Prélat qui lui apprit le tristefort d’Amurath & de fa famille , dont nous avons parlé dans les Remar-ques ( a ).

IIfait voi- Les Vaisseaux de l’Ordre étant radoubés, le Grand-Maître remit à la voî-lc pour i e V ers le commencement de Mars, & il dépêcha en même tems fur unI Italie, grígantin différens Ambassadeurs vers le Pape & vers la plupart des PrincesChrétiens. II ne comptoit guere à-la-vérité fur le secours du Pape, qui feconduifoit en Ministre de l’Empereur , comme avant son élévation au Pon-tificat. 11 avoit besoin néanmoins que ce Pontife confirmât par une Bulleles anciens privilèges & les statuts de l’Ordre, & le maintien de k Discipli-ne , fans quoi il prévoyoit qu’il feroit presque impossible de réunir tous lesChevaliers fous son autorité. Ce fut le principal objet de l’arnbassade qu’ilenvoya au Pape, & il obtint en effet de lui la Bulle qu’il soilicitoit. B pen-sa aussi à obtenir des Princes Chrétiens quelque Port, pour y établir l’Ordre,& pour reprendre l’exercice de fa professon. 11 fentoit que fans cela lesChevaliers le difperferoient bientôt , & fans espoir de les réunir. Car sipendant que lui & ses prédécesseurs commandoient souverainement dansPiste de Rhodes, ils avoient eu tant de peine à les tenir en réglé, & à fai-re respecter leur autorité, comme nous avons eu fréquemment occasion dele remarquer, quelle apparence y avoit-il de pouvoir dans les circonstancesprésentes les contenir dans le devoir? Le Pape lui avoit, il est vrai, accordéune Bulle , par laquelle il ordonnoit à tous les Chevaliers, fous les plus ri-goureuses peines, de demeurer unis sous l’autorité de leur Chef, & sonAmbassadeur l’avoit envoyée à Messine pour la lui rendre à fou arrivée dansle Port de cette ville.

Ce qui inquìettoit le plus le Grand-Maître , c’est qu’il ne favoit à quelPrince Chrétien s’adresser pour obtenir un établissement fixe , parcequetous l’avoient abandonné dans son plus pressant besoin. Cela ne l’empéchapas de prendre avec lui tout le peuple de Rhodes ; la plupart étant maladesfurent embarqués fur de petits Bâtimens, & il les accompagna fur une Galè-re, de l’Ordre , & pour les moins risquer il navigua terre à terre ; ce quijoint à du mauvais tems qu’il essuya , retarda si fort son arrivée à Messine,que la Caraque & les autres gros Vaisseaux de la Religion, qui avoient pris laroute la plus courte, y arrivèrent long tems avant lui. Tous les Chevaliersétoient dans de vives inquiétudes ; ils craignoient que par le gros tems qu’il

avoit

(a) Bofio, Fontan. Baudouin L, X. C. 2. Fertot . c. p, 404. & fuiv.