9 5 HISTOIREDEL’ORDRE 1
Suctios Henri VIII. Roi d’Angleterre, affligèrent tellement le Grand-Maître, qu’ilIV. tomba malade; une violente fievre eut bientôt consumé le peu de vie quiHistoire de \ai reíloic,& il expira le 21 d’Août 1534., au grand regret de tout l’Ordre,f dont il étoit à juste titre universellement aimé & respecté. II mourut âge
]uqu ;lg a de soixante-dix ans, dans la quatorzième année de son Magistere. On ren-
mort
Jean de la dit justice à son grand mérite, en gravant sur son tombeau ce peu de mots :Vaiette. C’e s t ici q.ue repose la Vertu victorieuse de la For-t u m e. II avoít fait bâtir dans le Château de St. Ange un Palais pour lui"" & pour ses successeurs, & un autre dans la vieille ville de Malthe ; outre desédifices pour l’Ordre, il avoit aussi fait élever diverses fortifications dansl’Iíle & dans celle de Goze. C’est à lui que l’Ordre fut encore redevable deplusieurs grâces & privilèges , qu’il obtint avant & après la perte deRhodes, duPape, de l’Empereur, des Rois de France & d’Espagne (s).43. Pierre d’Août on élut pour lui succéder Pierre ou Perrin Du Pont, dune
du Pont. illustre maison dans la Comté d’Ast, & oncle du Pape Jules III. II étoitalors dans son Baillage de Sainte Euphémie en Calabre. Thomas Bosio,Evê-que de Malthe, lui porta l’Aéte de son élection, qu’il reçut avec beaucoupde regret. Mais il reçut un nouveau Courier pour lui donner avis des ré-volutions qui venoient d’arriver dans le Royaume de Tunis, dont Bar-berousse s’étoit rendu maître auíïì-bien que d’Alger, & que ce Corsaire re-doutable menaçoit Tripoli d’un siégé. Le nouveau Grand-Maître s’embar-qua aussitôt, & arriva à Malthe le 10 de Novembre. Ses premiers foins fu-rent de faire passer un puissant secours à Tripoli, après quoi il envoya unAmbassadeur à l’Empereur, pour le solliciter d’équipper une puissante Flot-te contre Barberousse, sans quoi il étoit impossible à cette ville, mêmeavec de plus grandes forces qu’il n’y avoit, de tenir longtems. Charlequintreçut en même tems & pour le même sujet une autre ambassade de la partde Muley Hassan, le Roi de Tunis détrôné. Les Ambassadeurs représentè-rent à ce Prince, que ses Royaumes de Naples & de Sicile couroient. risques’il n’envoyoit des forces supérieures pour arrêter le cours des conquêtes daBarberousse , devenu maître d’Alger & de Tunis. L’Empereur, voulutd’abord se servir de la voye de la négociation, mais comme il chercha àtromper Barberousse, son Agent fut découvert & mis à mort. 11 résolutalors de porter la guerre en Afrique, tant pour mettre les Royaumes de Na-ples & de Sicile à couvert, que pour assurer la navigation de ces mers,quiétoit continuellement troublée par les Corsaires (b).
L'Empe- Aussitôt que le Grand-Maître & le Conseil furent instruits du dessein dercur porte ce Monarque & des préparatifs qu’il faisoit pour porter la guerre en Afri-iaguerre q Lie , on mit en mer quatre Galères des plus grandes & des mieux pourvues,la Afri- avec àhuic Brigantins tous bien armés, fans compter la grande Caraque,^ ue * qui feule valoit une Escadre. Un grand nombre de Chevaliers s’embarqua sorcette Flotte, dont le commandement fut confié à Aurelio Botigella, ancienOfficier de marine. Le Chevalier Antoine de Grolée devoit commander 1 »
Ca-
(a) V Naierat, m fin. L. II. & inít. L. (*) Marmtl L. VI. Bosio. L. VII.
I1L privileg.