DE MALTHE. Liv. XXI. Chap. VII. 109
quête des Iíles de Malthe & de Goze; mais que si cette entreprise lui pa- Sectionxoissoit de trop difficile exécution , il s’attachât uniquement à celle de Tri- IV - ,poli. Le Grand-Seigneur l’avoit aussi chargé de n’entreprendre rien d’im- sUfff,portant fans la participation de Dragut, dont il connoiíToit rexpérience.y^»^ laLe Général Turc en exécution de ces ordres se présenta devant le Port ap- mort depelle Muset, qui n’est séparé du grand Port que par une langue de terre, .T ean de !a«u plutôt par un rocher fort élevé, nommé Sceberras. II est aisé de s’ima- ^ aleUCgner la terreur & la consternation que rapproche d’une Flotte si formida-ble répandit parmi les habitans & parmi les Chevaliers. Ceux-ci ne se man-quèrent pourtant pas à eux-mêmes. Les habitans se réfugièrent dans la vil-le de Malthe ; on arma ceux qui étoient capables de rendre service, & onles posta en divers endroits, tandis que d’autres s’avancerent fur le bord dela mer pour reconnoître les ennemis.
Le Commandeur de Guimeran, Espagnol, sortit avec cent Chevaliers àSinan?»-pied & trois-cens Arquebusiers, & ayant passé dans des Esquifs du bourg fur dedans, hle rocher de Sceberras, il s’y tint caché ventre contre terre pour observer Po ' l>les desseins & la contenance des Turcs. D’un autre côté le Chevalier Up«ton, Commandeur Anglois, & un des plus braves de f Ordre , à la tête detrente autres & suivi de quatre-cens habitans de l’ifle tous à cheval, se pré-senta fièrement au bord de la mer du côté du bourg, pour empêcher les In-fidèles de débarquer. Guimeran n’eut pas été longtems dans son poste, qu’ilvit paroître Sinan dans fa Capitane, suivi de quelques Galères, qui s’avan-cerent dans le grand Port pour reconnoître l’endroit le plus propre à fairedescente. Mais aussitôt que la Capitane fut proche du mont Sceberras,Guimeran fit faire à ses Arquebusiers une salve si furieuse, que toute laChiourme en désordre abandonna les rames. Le fier Général fut si irrité dese voir attaqué le premier par des gens si inférieurs en forces, qu’il jura leurperte. II fit disposer tout pour prendre terre ; mais Guimeran, content deson avantage , après avoir fait fa décharge fit rembarquer ses soldats, &fans perdre un seul homme les ramena heureusement dans le bourg. Sinanles ayant cherchés inutilement monta avec ses principaux Officiers furl’endroit le plus élevé du Sceberras, d’où, considérant le Château de SaintAnge, fa situation & les boulevards dont il étoit fortifié : EJl-cc-ìà ceChâteau , dit-il avec colere à Dragut, que tu as représenté au Sultan si fa -cile à emporter ? Certainement î aigle ne pouvait jamais choisir pour placer son■■nid une pointe de rocher plus escarpée. Ne vois - tu pas qu-ilfaut avoir des ai-les comme elle pour y venir , & que toute î artillerie S toutes les forces du mon-de ne peuvent jamais le forcer ? Un vieux Corsaire de Tachora , soit par.aversion pour Dragut, ou par complaisance pour son Général , ajouta,
3 , Vois-tu ce boulevard qui avance du côté de la mer , & fur lequel„ les Chevaliers ont arboré le grand étendard de l’Crdre ? II faut que« tu saches, Seigneur,, qu’étant esclave à Malthe, j’ai porté sur mes é-3, paules ces grosses pierres qui ont servi à Je construire , & qu’avant” jl ue ss 1 puisses ruiner cet ouvrage, Thiver arrivera , ou,ce qui.est pltis» a craindre, quelque puissant secours en faveur des assiégés”. Draguttout de leu, L qui n’avoit jamais connu de péril,, représenta à Sinan,
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