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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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m HISTOIRE DE L’O R D R E

Section voit partir incessamment pour combattre les ennemis & les obliger âIV. lever le siégé. Qa’il avoit dépêché exprès une barque pour que les Che-Ililìoire de va n er g pussent agir de concert avec lui à son arrivée. La ruse réussieiusaJà la parfaitement, les Turcs prirent la barque & la Lettre. Le Général Turcmort ‘de sut allarmé de cette nouvelle, il fit assembler le Conseil de guerre, on y fieJean de la lecture de la Lettre, & comme Sinan n’avoit entrepris le siégé que par com-Vaiette p] a if a nce pour Dragut, il représenta le danger qu’il y avoit à le continuer,^ c " á moins que d’expofer la Flotte & f Armée, & même fi on ne le levoitpromptement, que l’on couroit risque de perdre toute l’artillerie; qu’il crai-gnoit que le mois de Septembre ne le surprît, & que comme la mer n’étoitpas alors tenable le long des côtes cTAfrique, il pourroit se trouver horsd’état de faire le siégé de Tripoli. Le Conseil ayant goûté ces raisons, lesiégé fut levé.

Le Châ' Mais comme Tavidité de faire du butin est la passion dominante des Turcs,teau de le Bacha, pour prévenir tout íùjet de plainte, abandonna l’Iíle de Goze àGoze as- leur fureur ; comme elle n’étoit pas en état de défense, elle éprouva un sorts lé ° é - plus cruel que Malthe. Les Turcs traverferent pomptement le canal quïsépare ces deux Isles. Les habitans s’étoient retirés dans le Château avecleurs familles; ils offrirent an Gouverneur de défendre la breche, mais ceChevalier , nommé Galatian de Sesse, au-lieu de se mettre à leur tête, al-la se cacher dans le fond de son appartement. C’étoit néanmoins le mêmedont le Grand-Maître avoit vanté le courage, & fur lequel il faifoic tantde fond, qu’il avoit refusé de faire raser le Château & de faire transporter'les habitans en Sicile. La lâcheté du Gouverneur répandit une consternationgénérale parmi ces malheureux habitans ; il n’y eut dans toute la Place qu’unCanonier Anglois, qui braquant son canon tua lui seul plusieurs Turcs, &empêcha les autres d’approcher du pied de la muraille. Mais ce brave An-glois ayant été tué , personne ne voulut prendre fa place.

Le Cbd■ Galatian, pour se procurer une Capitulation qui le mît en sûreté, demeura

teau se dans son inaction ordinaire. II envoya un Moine à Sinan, pour lui offrir de

rend par ren( j re ] a Place, moyennant qu’il s’engageât à lui conserver & à tous les

compost- habitans la vie, la liberté & les biens. Le Général Turc répondit à cet En-

ím ' voyé,que si le Gouverneur ne fortoit pas à l’instant de la Place, il le feroit

pendre à la porte. Le Gouverneur renvoya le Moine pour demanderqu’au moins on lui laissât la liberté, & à deux-cens des principaux habitansqu’il auroit droit de choisir lui-même. Le Bacha réduisit le nombre à qua-rante personnes, A il menaça en même tems le Négociateur de le faire pen-dre, s’il étoit assez hardi de se présenter une troisième fois devant lui. Lelâche Gouverneur effrayé commanda qu’on ouvrît les portes à l’ennemi.Les Turcs fe jetterent aussitôt dans la Place pour la piller; l’appartement duGouverneur fut le premier en proye à leur avidité; & par mépris pour cetindigne Commandant ils lui firent porter fur ses épaules une partie de sesmeubles jusques dans leurs Vaisseaux. Sinan, au-líeu de lui laisser le choix dequarante personnes, rendit la liberté à quarante pauvres vieillards infirmespour fe moquer de lui, disant que les plus âgés dévoient être censés les pre-miers. Tout le reste, au nombre de six-miile-trois-cens personnes de tout