DE MALTHE. Lïv. XXI. Chap. VII. 113ZZe & de tout sexe, fut mis dans les fers avec le Gouverneur, & embar- sectïcbqué fur la Flotte (a) (*). ... iv.
La malheureuse destinée des Gozitains causa des murmures & des plaintes Histoire tkcontre leGrand-Maîcre; plusieurs Chevaliers, & des François fur-tout,de- l ’9yi f stmandoient hautement qu’on fît le procès au lâche Gouverneur , mais le n
Grand-Maître en éluda la proposition, fous prétexte que ce Chevalier étant Jean de laentre les mains des Infidèles, on ne pouvoit pas le juger fans savoir enten- Vakttedu. Ft pour couviir aux yeux de toute la Chrétienté la honte qui pouvoit &' c -retomber fur tout l’Ordre de la lâcheté de ce Gouverneur, il engagea la -plupart des Chevaliers qui étoient de fa nation ou-dans fa confidence, d’é-crire en Europe que ce Chevalier s’étoit signalé par une généreuse défen-se ; mais qu’ayant été tué d’un coup de canon, le peuple en perdant sonCapitaine avoit perdu courage, & que pour sauver l’honneur & la vie des fem-mes & des filles, les principaux habitans avoient cru devoir capituler, quoi-que Sinan efìt violé depuis ouvertement la capitulation. Les autres Cheva-liers de leur côté envoyerent une relation bien différente, & exposèrent laVérité du fait (/;).
Ces Relations opposées furent reçues en Europe , suivant que l’on étoitprévenu en faveur de l’un ou de l’autre parti. Mais l’animoíité qu’il y avoitalors à Malthe entre les François & les Espagnols, ne permet guere dedouter qu’on n’ait grossi les objets de part & d’autre. Nous en trouveronsd’autres exemples pendant le Magistere d’Omedes, qui feront sentir que no-tre conjecture n’est pas fans fondement. Cependant la mort prétendue duGouverneur passa très-longtems pour un fait constant, & on n’en fut désa-busé que plusieurs années après. Ce Chevalier s’étant à force d’argent tirédes fers des Turcs, non seulement n’eut pas honte de reparoître à Malthe,mais par ses intrigues il fe fit encore décharger par le Conseil de factionqu’on avoit intentée contre lui au sujet de fa lâcheté (c).
binan n’eut pas sitôt quitté l iste de Goze, après savoir ravagée, qu’on Sinan vaây envoya un nouveau Gouverneur avec quelques troupes, pour réparer Je Tripoli.Château , & pouf assurer les terres de ceux qui avoient été tués ou emme-nés captifs, à eux ou à leurs parens, afin de repeupler & de faire cultiverl’líle. LeBacha, au-lieu de tenir la route de Provence, comme le Grand-Maître l’avoit toujours voulu faire croire,alla droit à Tripoli, & leGrand-Maître n’en apprit la nouvelle qu’avec beaucoup de confusion. En ce tems*arriva â Malthe d’Aramont, Ambassadeur de France , qui retournoit à Con-stantinople. 11 assura le Grand-Maître à le Conseil de la bienveillance de
son
( a ) Nicolai L. I. C. 15. Filiegagnon , (c) Baudouin L. XIV, C. 1. Fer t ot TTV.
JBauavum . Feriot & al- p. 233 & suiv.
(b) Baudouin, Filiegagnon , Fertot & al.
I Ç) On rapporte qu’un Sicilien établi depuis longtems à Goze , préférant la mort àa ervitude, & transporté de jalousie & de fureur, poignarda sa femme & deux jeunesni es qui! avoit ; & pour ne Jeur pas survivre il se jetta l’épée à la main au milieu d’uneioule ae ìoidats ennemis, & après en avoir tué (k blessé quelques-uns, il fut nus en pieces (i).
(1) tìic,U,, L, I. c> J 5 ïdit, lie IJÉS, "Baudouin L, XIII,
.Tome ÀUL P
C, lùtfVtrwT' IV; P> 231 ‘