trg HISTOIRE DE L’ ORDRE
Section Grand-Maître remit l’affaire à une autrefois, & congédia i’Assemblée (a).
IV. Cependant le Roi de France, offensé des bruits calomnieux répandus con»HfrOrdre tre ^ on Ambassadeur , dépêcha à Malthe un Gentilhomme ordinaire de fajufiu’à' Ta Maison , nommé du Belloy , qui remit au Grand-Maître unelLettre de íamort de part , par laquelle ce Prince le prioit de lui faire savoir nettement & avecJean de la une exacte vérité ce qui s’étoit passé , afin que si d’Aramont ctoit coupa-Vaiette j] pât le faire punir, & que s’il étoit innocent il le justifiât par son té-
ijC ’ moignage parmi les Nations étrangères. Cette Lettre embarrassa extrême-Plaintcs ment d’Omedes ; pour ne fe point compromettre il la porta au Conseil ;du Roi de toute l’Assemblée d’une voix unanime opina qu’il falloit remercier le Roi deïiance. prance de tous les bons offices que la Religion avoit reçus de son Ambassa-deur , & que bien loin d'avoir lieu de fe plaindre de fa conduite , l’Ordreconserverait une éternelle reconnoiííànce des services qu’il lui avoit rendus.Le Conseil ordonna en même tems à son Secretaire de dresser cette Lettre,& de la faire signer au Grand-Maître. D’Omedes fe repentit alors d’avoirremis au Conseil la réponse à cette Lettre ; il fit appeller le Secretaire , &lui dit que cette Lettre roulant fur une matière délicate, les termes n’en pou-vaient être trop mesurés, qu’il voulait en conférer avec lui à loisir ; & quesi du Belloy ou Villegagnon la demandaient , il trouvât quelque prétextepour fe dispenser de la leur remettre.
Nouvel II se passa plusieurs semaines fans qu’on pût la tirer des mains du Secre-(trtificc du taire. Durant ce tems-là d’Omedes, partie par promesses, partie par mena-AiXe ces ’ en S a § ea ' e J u S e Séculier à fe charger de-nouveau du procès du Maré-découvf-1 chai, &,à ne point varier dans son jugement, & pour s’assurer de fa parole$ar Ville- il voulut qu’il s’obligeât à lui payer cinq-cens ducats , s’il ne fe conduifoit^agnon. pas de la maniéré qu’il lui prescrirait. II lui ordonna que si le Maréchalniait les faits à fa charge, de le faire appliquer à la question, pour lui arra-cher une confession contre lui-meme; confession que le Grand-Maître vou-loit envoyer au Roi de France , au-lieu de la Lettre que le Conseil avoitordonné de dresser. Villegagnon ayant découvert cet infernal complot, ferendit au Conseil , & demanda qu’on remît à l’Lnvoyé du Roi la Lettrequ’il devoir porter à ce Prince ; ou si le Conseil avoit changé de sentimentune Copie autentique de la Sentence du Juge Séculier, qui portait que dansla Capitulation de Tripoli tl n’éto't intervenu ni trahison ni intelligence avecîennemi , mais que la perte de cette Place venoit uniquement de la lâ-cheté des soldats Calabrais; ce qui suffirait pour faire connoître au Roil’innocence de son Ambassadeur. Un Cnevalier, grand partisan de d’Ome-des , prit la parole & dit, que le Roi ne demandoic qu’à être instruitde la conduite que son Ambassadeur avoit tenue en Afrique, & que c’é-toit â cela seul qu’il falloit répondre. Le Grand-Maître demanda alorsfièrement à Villegagnon , où il avoit appris que dans des procès crimi-nels que l’Ordre faisoic faire à des Chevaliers , on fût obligé d’en ren-dre compte à des Princes Séculiers. ,, Ce n’a jamais été mon intention,„ répliqua Villegagnon , d’avancer une pareille proposition ; mais j’ai cru feu-
(d) Filkgagnen, Fer têt, Baudouin & si.