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HISTOIRE DE L’ORDRE
Secrrow La guerre entre la France & l’Empereur continuant toujours, du Beîîoyív ' & Villegagnon, qui avoit obtenu permission de raccompagner, furent prisdeí’Orârs P ar une Escadre impériale en passant à Marseille; on les conduisit à Genes;jitsqu'à la ce fucdà que Villegagnon écrivit en Latin ses Mémoires, & les envoya àmort de l’Empereur. Quelque tems âpres il les fie imprimer à Lyon, & il les dédiaJean de la à l’Empereur. Quelques autres Chevaliers, qui étoient au service de France,Vaiette a y ant été pris par les Impériaux , le Grand-Maître obtint de Charlequinc,_ * _ leur liberté, en lui représentant que Malthe étoit menacée des Turcs. Dunombre de ces Chevaliers étoit le fameux Pied de fer , qui amena avec luiune Compagnie d’Efpagnols dans l’Iíle.
On refuse Dans ce même tems l’illustre Strozzi, Prieur de Capoue, dont nous avonsá Strozzi parlé plus haut, quitta le service de France ; s’étant embarqué fur fa Gale-* Fort*de* re ' à suivi de celle de son frere , il passa à force de rames par - dessus lafcíáiíîie, -chaîne du Port de Marseille ; il fit voile pour Malthe & se présenta devantle Port, mais le Grand-Maître non feulement lui en refusa l’entrée , maislui fit dire que s’il ne se retiroit il feroit tirer sur lui. Un procédé si durdéplut à la plupart des Chevaliers , fur-tout dans un tems où Malthe avoitbesoin de braves guerriers. Un Chevalier lui fournit secrettement & à l’iníud’Omedes du biscuit, dont il manquoit, après quoi il prit la route du Le-vant , exposé ou à être pris par Doria ou par les Corsaires Turcs, fansavoir de Port où il pût relâcher & amener ses prises. Cependant fa valeur& fa capacité étoient si connues dans toute l’Europe , que l’Empereur n’é«pargna ni promesses ni artifices pour l’attirer à son service. II lui accordaentre autres grâces un faut-conduit , par lequel il lui permit de relâcherdans tom les Ports de ses Etats. CommeStrozzi n’avoit aucune envie de pren-dre parti contre la France , il différa la réponse positive aux propositionsqu’on lui fit de la part de l’Empereur, fous prétexte qu’il ne pouvoicprendre Rengagement jufqu’à ce qu’il en eût conféré avec le- Grand-Maître ( a ).
En ce tems-làil avoit fait des prises si considérables, qu’il sit portera l’Au-tel de Notre-Dame dePhiìerme un ornement magnifique, fur lequ.-l íl avoitfait broder ces mots de FEvangile de St. Jean , ii est venu vers les siens, Nils n ont point voulu le recevoir. L’Officier qu’il chargea de ce présent, avoitcommission de faire part à lés amis de son heureux retour, N. d’observer lesdispositions du reste de FOrdre à son égard.
Le Grand-Maître ayant appris son retour déclara qu’il n’étoit pas plusdisposé que la premìere fois a le recevoir à Malthe , dans la vue d’obligerle Prieur de s’engager au service de l’Empereur , sachant bien qu’il feroitgrand plaisir à ce Prince , dont il suivoit absolument les directions. Maisles amis de Strozzi lui mandèrent que d’Omedes ne feroit pas maître de luirefuser une seconde fois rentrée du Porc. Sur leurs Lettres il s’embarque,arrive à Malthe , descend à terre , & escorté d’un gros de Chevaliers ílmonte au Palais , aborde le Grand-Maître, & lui dit avec une noble har-diesse, „ qu’ayant appris que les Turcs menaçoient Fille d une nouvelle in-„ vasion il étoit venu lui offrir ses services, & selon le devoir de fa pro-
„ fes-
’ (f) Fer t ot 1 . c. p. 296. L suiv.
II y re-vientest reçu.