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126 H I S T O I R E DE L’O R D R Ë
Section termina le Conseil à rester à Malthe. L’Ordre envoya deux Députés k FEm»
; IV. pereur pour lui faire agréer cette disposition ; & pour appaifer le ViceroifÁ°j retie de Sicile, qui vouloit s’en venger en refusant la traite ordinaire des grainsjusm’à l *si ue F Ordre tiroit de cette Isle, le Grand - Maître & le Conseil, ayant ap»mon de pris qu’un grand nombre de Corsaires en infestoient les côtes & avoientparuJean de la devant Palerme, y envoya cinq Galères bien armées, commandées par leVflette p r i eur <j e Capoue. Strozzi se disposa à partir incessamment , outre que laà mer étoit son élément, il s’étoit apperçu qu’on íbupçonnoit qu'i! avoit eupart â la mort du Conservateur Gagnon & de deux autres Commandeurs,qui s’étoient opposés â son élection, & qui avoient été empoisonnés par unde ses principaux domestiques, en qui il avoit le plus de confiance. A peineétoit-il arrivé à Palerme , qu’il y reçut des Lettres de Pierre Strozzi, sonfrere aîné, qui lui donnoit avis que le Roi de France lui avoit confié le com- 'mandement de son armée de terre en Italie, & que ce Prince l’avoit chargéde l’inviter à reprendre le Générât de ses Galères , & d’agir de concertavec lui. Le mécontentement que le Prieur avoit de la Cour de France, 1
céda à la haine violente qu’il conservoit dans le cœur contre la Maison deMe-dicis. II étoit question de sortir du Port de Palerme, sans donner de l’om-brage au Viceroi, à qui TEmpereur avoit envoyé des ordres secrets d’ob-server avec soin le Prieur, & sur le moindre indice qu’il découvriroit de Pin-telligence entre les deux freres, de le faire arrêter.
Strozzi Pour ôter autant qu’il étoit possible tout soupçon au Viceroi, il ne l’en-irompe le tretint que des mauvais procédés de la Cour de France envers lui, à de lapassion qu’il avoit de s’en venger, s’il en trouvoit jamais l’occasion. IIrésine lí Ì oua si bien son rôle, que le Viceroi, qui cherchoit à l’engager au serviceGénéra la t de l’Empereur, au-lieu d’avoir davantage de soupçons, crut pouvoir comp-de,Cabres ter fur lui. On se mit à table, & pendant le repas on vit arriver daus larfíMalchs. folle un Officier que le Prieur avoit envoyé exprès en mer, qui avec un airSa mort. empressé lui dit qu’il avoit découvert dans une Anse trois (foliotes de Cor-saires, & qu’avec un peu de diligence il seroìt aisé de les surprendre. Stroz-zi avec une joie apparente se leva brusquement, & adressant la parole auViceroi, „ Te vous en rendrai bon compte, lui dit-il, & j’espere avant„ que vous soyez sorti de table de vous les amener ”. Les Galères dont ilavoit le commandement étant toutes armées, il sortit du Port, se mit enmer, & après avoir pris le large, & qu’on l’eut perdu de vue, il prit laroute de Malthe. A son arrivée il se démit du Générât des Galères, &le Commandeur de la Valette fut son successeur. Le Prieur déclara ensui-te , qu’ayant deux Galères à lui, & une troisième qui appartenoit à son fre-re, il étoit résolu d’aller de son chef en course, & de faire la guerre pourson compte à tous les Corsaires qu’il rencontreroít ; plusieurs jeunes Cheva-liers voulurent raccompagner & s’embarquerent fur ses Galères. Nous nele suivrons pas dans ses autres expéditions, qui n’ont point de rapport àf Histoire de Malthe. Nous dirons seulement, qu’il prit la route des côtesde Toscane, & qù’étànt allé reconnoître en personne une petite Place dontII vouloit s’emparer, un Paysan caché dans des joncs le reconnut, & luitira un coud de mousquet dont il fut frappé áu côté; on le porta aussitôt
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