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ee, & un Piémontois,' nommé Moret, s’empara auffi dune des Galères de SternesStrozzi, qu’il conduisit dans Je Port de Villefranche, fous la protection du IV.Duc de Savoye. Cette trahison donna lieu à une grande querelle entre•Pape, l’Empereur, le Roi de France & le Duc de Savoye ; mais commeelle est étrangère à notre sujet , nous renvoyons à en parler en son lieu, mort deLe Grand-Maître fut blâmé d’être entré dans cette affaire, non feulement Jean de 1 edes Puissances intéressées, mais des membres du Conseil, elle excita de fâ- Galettecireuses divisions dans le Couvent, & chacun prenoit parti suivant ía Lan- *- c ‘gue & sa Nation.
Quoique cette affaire eût été terminée avec une grande prudence, les dr- Mort davisions dont nous venons de parler, & les reproches mêmes que le Grand-Maître essuya à ce sujet, le touchèrent sensiblement. Les exactions du VI- a tre 'ceroi de Sicile fur la-traite des grains, contre le Traité fait avec f Empereur,furent regardées comme des effets du ressentiment de ce Monarque contrele Grand-Maître. Tout cela le toucha si vivement qu’il tomba malade,
& ne fit depuis ce tems-là que traîner une vie languissante ; il mourut le 18d’Août 1557 , la quatrième année de son Magiftere. Après avoir employédes sommes considérables à fortifier l’Ifle de Malthe, il laissa encore plusde foìxante-mille écus dans fa dépouille , dont il ne voulut pas disposer,quoiqu’il en eût eu la permission d’un Chapitre général. Le Conseil , en re-connoissance d’un si généreux désintéressement, envoya en France douze-mille francs pour contribuer à la dot de fa niece. On fit faire aussi d’unepartie de cet argent pour ['Eglise conventuelle des ornemens de velours cra-moisi brodés en or, & on y mit les armes de la Sangle (à). Avant fa mortil avoit fait revoir le procès du Commandeur de Valier, ci-devant Gouver-neur de Tripoli, qui étoit resté en prison, & il lui rendit la liberté; maisdifférentes considérations, & des égards qu’il crut devoir avoir pour la mé-moire & pour les amis d’Omedes, qui avoit persécuté le Maréchal si opi-niâtrement , ne lui permirent pas de le rétablir dans tous ses honneurs. Ain-si cet ancien Commandeur, auquel avant cette malheureuse affaire la plupartdes Chevaliers destinoient la Grande-Maîtrise, languit dans une vie obscu-re & conforme à ses malheurs, & ne fut rétabli dans ses dignités qu’aucotfïmeneement du Gouvernement du successeur du Grand-Maître de laSangle.
Ce fut le fameux Commandeur Jean de la Valette surnommé Parifot , de 43. Jeanla Langue de Provence, Chevalier distingué par sa valeur & par son expé- ^J a Va 'rience , <& qui avoit passé par toutes les Charges de l'Ordre. Peu de temsaprès son élection, il fit revenir au Trésor commun quantité de Respon-sions d’Allemagne & de Venise, dont le payement avoit été interrompu;les premieres par les troubles excités par les Huffites, & les autres fous pré-texte qu’on les employoit pour le service de la Chrétienté contre les Turcs.
De ces foins il passa à faffaire du Maréchal de Vallier , il se fit un devoirde lui rendre justice ; & après une exacte révision de son procès, il le dé-chargea des injustes accusations dont ses ennemis avoient tâché de le noir-cir,
C") Baudouin L. XV. Fertot T. IV. P. Z7g. & suiv.
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