DE M A L T H E Liv. XXI. Chap. VU. 143
que de nouveaux prétextes firent différer ce petit secours , ensorte que tout Sectionsembloit s’opposer à celui dont le Eorr avoit besoin. IV.
Le Grand-Maître en attendant ne relâchoit rien de ses foins pour fournir fPÌ re dsà la'Garnison de St. Elme dequoi soutenir l’assaut auquel on s’attendoit tous jusiu'l lales jours, il lui faifoit passer des vivres, des munitions de guerre & des mort defeux d’artifice. II en avoit même inventé d’une nouvelle efpece. qui étoient J ea nde lades cercles brûlans (*), qui firent un grand effet. Depuis le 17 de Juin« alettejufqu’au quatorzième de Juillet, on en vint tous les jours aux mains. II n’y ^ c 'eut pas de jour que les Turcs ne tentassent d’emporter le Fort par escala-de. Enfin le Bacha résolut d’y donner un assaut général, & pour facilitercette attaque, le quinze fut employé à battre en breche, & son artillerierasa la muraille jusqu’au roc fur lequel elle avoit été construite.
Le 16, les Galères des Turcs s'étendirent vis-à-vis du Fort, & du côté Assaut gè tde la mer le battirent avec toute leur artillerie, pendant que celle de terre, néra l re ~composée de trente-fìx gros canons, en faifoit autant. Les Turcs, au fon^^*de leurs instrumens de guerre entrerent dans le fossé, & le signal ayant étédonné ils y coururent avec un courage déterminé. Us étoient favoriséspar quatre mille Archers ou Arquebusiers ,qui tiraient continuellement con-tre ceux qui paroissoient fur la breche. Cela n’empécha pas les Chevaliers& les soldats Chrétiens de l’a border avec une intrépidité plus redoutable quedes murailles. On en vint bientôt aux mains, & les Chevaliers se servi-rent utilement des cercles enflammés, dont nous avons parlé; la plupart deceux qui s'y trouvoient pris brûloient tout vifs. Les cris de ces malheu-reux, ceux des combattans, le bruit du canon & de la mouíquetterie, toutcela répandoit de part & d’autre une efpece de terreur. Pendant cette fu-rieuse. attaque trente Capitaines Turcs de Galères, voyant que toutes les for-ces des assiégés s'étoient portées dans fendrait où fe donnoit fassaut, en-treprirent d’attaquer le Fort d’un autre côté. Le Grand-Maître s’en étantapperçu, fit auílitôt braquer deux canons contre eux, & de la premieredécharge en tua vingt, & les dix autres fe retirerent au plus vice. LesTurcs n’eurent pas un succès plus favorable à l’aílaut, les Janissaires les plusintrépides abandonnoient leurs postes à la vue des cercles brûlans, qu’on necessoit de jetter. Enfin, après un combat des plus opiniâtres pendant fixheures, le Bacha fut obligé de faire sonner le retraite, après avoir perduplus de deux-miile hommes. Les assiégés perdirent dixfept Chevaliers,outre plus de trois-cens soldats tués ou blessés.
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(*) C’étoient des cercles d'un bois très-Iéger, qu’on trempoit d’abord dans I’eau-dé-vié, ou qu’on trempoit dans de l’huile bouillante. On les couvroit ensuite de laine oude coton , qu’on imbiboit d’autrcs liqueurs combustibles, & mêlées avec du salpêtre &de la poudre à canon, Après que cette préparation étoit rctroidie, on rtcommençoit jus-qu’à trois fois ia même opération. Quand ces cercles étoient enflammés, on les jettoitau milieu des plus épais bataillons; souvent deux ou trois soldats ennemis se trouvoientembarrassés dans ces cercles brûlans, L ils éioient exposés à brûler tout vifs, à moins
< I U i,? ne , se Précipitassent promptement dans l’eau , & qu ils n’y restassent jufou’à l’ex-lincuon du feu (.i,.
(O Ba.iMui», h. XVIi. C. 2 . Vtrttt T. IV. k- r°7, íoï,