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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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DE M A L T H E. Lrv. XXI. Chap. VII. tgf

«u’ìl suroît fallu employer autant de pages que nous avons mis de lignes, SrcTroSfi nous étions entrés dans le détail de tout ce qui se pasla depuis le commen- JV.cernent jusqu’à la fin de ce mémorable fiege. II faudrait un volume entierpour rendre simplement justice au mérite du Grand-Maître & de tant d’il jtfqj'à l*lustres Chevaliers, qui se signalèrent par la prudence de leurs conseils, & mort depar leur courage & leur intrépide valeur dans les occasions les plus dange- J ean 6e!»reuses, fans redouter ía mort accompagnée de toutes ses horreurs. Ce que \ alettenous avons dit de leur belle défense dans le Château de Òt. Lime suffit pour ® c ' %

en donner une idée.

Auífitôt que l’on eut perdu l’ennemi de vue , le Grand-Maître témoignasa reconnoissance aux Seigneurs qui commandoient les troupes du secours,il les combla de pré sens, & répandit beaucoup d’argent parmi les soldats.

On passa plusieurs jours en réjouissances, mais la joie étoit fort tempéréepar les tristes objets qui s’offroient de tous côtés à la vue;on ne voyoit queruines, l’habitant pâle & défiguré, les Chevaliers & le Grand-Maître mê-me, là barbe & les cheveux négligés , les habits sales & en désordre ; cequ'il y avoit de plus cruel, c’étoit le souvenir des pertes qu’on avoit faites.

Plus de deux-cens soixante Chevaliers avoient été tués en chffërens assauts,

& l’on comptoit jusqu’à huit-mille hommes, soldats ou habitans , qui a-voient péri pendant le siégé; & à peine , quand les Turcs se retirerent,restoit - il dans le grand Bourg & dans le Château St. Michel, en comptantmême les Chevaliers, six cens hommes portant les armes, & encore la plu-part couverts d. blessures. *

Les louanges que les Princes de l’Europe donnerent à la conduite & à, la Hmneurvvaleur du Grand-Maître dans la défense de Malthe , augmenterent encore. a»sa gloire, & fur-tout les honneurs qu’ils lui firent Philippe II. lui envoya Maúrë»une épée & un poignard dont la garde étoit d’or maslif & enrichie de *diamans,& il accompagna ce présent d'un compliment, que le regardant com -me un des plus grands Capitaines de son siccle , il le prioit de se servir de ces ar-mes pour la défense de toute la Chrétienté. Le Pape IV. ne se distingua pasmoins, non íêulement il sic annoncer la nouvelle de la levée du siégé deMalthe par une décharge de toute l’artillerie, mais il fit offrir au Grand*.

Maître un Chapeau de Cardinal ; mais La Valette s’exeufa de, l’accepter ou >par modestie, ou pareeque se considérant comme Souverain il appréhenda,d’avilir ce grand titre par une dignité subalterne.

Mais ni ces honneurs, ni ces louanges, ni les feux de joie qu’on fit dansla Chrétienté, ne pouvoient adoucir le regret qu’il avoit de la perce de tantde braves Chevaliers, & du triste état où se crouvoit l’Iste de Malthe; lesfortificaíions étoient ruinées, les maisons abbattues, la plupart des villagesbrû-lés, les haoitans fondus, & ceux qui restoient réduits à la derniere misere,l’artillerie démontée & les canons ou crevés ou brisés, les roagazins vaides, nivivres ni argent ; d’ailleurs il appréhendoit avec assez de fondement le re-tour des Turcs avtcde plus grandes forces, avant que l’on eût le teros deréparer la moitié de ces désastres. II savoit par ses espions, que Poîimaníaifoit travailler fans relâch 1 .- dans l’Arsenal. de Constantinople à une puis-sante!, lotte, pour venir attaquer Malthe en personne. Lc Grand-Maî íre

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