lg0 HISTOIRE DE L* ORDRE
Sbctios considérer la disproportion entre une seule Galere & un si grand Vaisseau ,'V. ‘ les Chevaliers en vinrent d’abord à sabordage, & trouvèrent une vigoureu-moirede p e résistance. Les deux autres Galères vinrent à leur secours. Après unàlà com b a t de sept heures , les Turcs , qui avoient vu tuer leur Capitaine &S, jus. leurs principaux Officiers, se rendirent. Le nombre des morts fut considé-quà fan rable de part &. d’autre. La Religion y perdit neuf Chevaliers , & il y enï 7 »S. eut un bien grand nombre de blessés. Les Turcs perdirent six-cens hom-' mes à on fit fur eux beaucoup de prisonniers ; entre autres une Dame duSerraìl qui par dévotion alloit à la Mecque avec un jeune enfant, qu’ondisoit fils du Grand-Seigrieur Ibrahim , & qui entra depuis dans f Ordre dcSt Dominique. Le butin qu’on fit fur ce Galion étoit des plus riches , &servit à dédommager le Trésor commun des dc-penses que la Religion seisoitpour ces armemens. La joie que cette prise causa à Malthe tut en quelquefaçon tempérée par la nouvelle qu’on eut que Sultan Ibrahim , à qui ce Ga-lion appartenoit, avoir juré de s’en venger, aussi envoya-t-il Tannée ser-vante un Héraut à Malthe déclarer la guerre au Grand Maure.
154 S- Cette allarme, qui se trouva fausse , comme nous le verrons bientôt, ne
laissa pas de mettre tout l’Ordre en mouvement, pour résister a la puifiance. formidable du Grand-Seigneur. On travailla avec vigueur ? fortificaiionsïles Galères furent employées à transporter des armes des munitions deguerre «St des provisions ; les Chevaliers furent cités de sc rendre à Malthe,& exhortés à y amener avec eux toutes les forces qu’ils pourroient. Entreceux qui signalèrent leur zele dans cette occasion , il ne faut pas oublier leVicomte d’Arpajon , Seigneur d’une des premières maisons de I rance ; ilfit prendre les armes à tous ses Vassaux, leva deux-mille hommes a les dé-pens chargea plusieurs Vaisseaux de munitions de guerre & de bouche, &accompagné de plusieurs Gentilshommes se rendit à Malthe, & présenta auGrand-Maître un secours plus considérable qu’il n’eût osé espérer de plu-sieurs Souverains. Le Grand-Maître ne crut pouvoir mieux reconnoître unservice si important qu’en le nommant Généra!, avec pouvoir de se choisirlui-même trois Lieutenans-Généraux pour commander fous ses ordres dansles endroits où il ne pourroit se transporter. ,, f -
L’orage quon redoutoit , au-heu de tomber sur Malthe , alla fondre surl’Iíse de Candie. Nous avons parlé de cette guerre dans 1 Histoire de l’Em-pire Ottoman. Le Grand Maître, délivré de ses appréhensions, envoya i’Esecadre de la Religion au secours des assiégés. Quant à l’illustre Vicomted’Arpajon, il prit congé du Grand-Maître. Ce Prince , de lavis du Con-seil lui accorda par un Acte exprès la permission pour lui & pour son filsaîné de porter la Croix d’or de l'Ordre ; qu un de ses cadets ou de sesdeseendans suroît reçu de minorité , & qu’après avoir seit a procession ilferoit honoré de la grande Croix ; que les chefs oc les aines de la maisonpourrcient porter la Croix dans leur écu & dans leurs armes.
Ln 1646 le Pape, à la prière de la Cour d’Espagrie, demanda au Grand-Maître la grande Croix en faveur de Dom Philippe , fils du Roi de 'Punis,
: côtoie sest Chrétien. Le Conseil s’y opposa fortement, par la répu-
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