DE M A L T H E. Liv. XXI. Chap. VII. 181gnance de voir un Maure, dont îa conversion étoit fort équivoque, remplirs ECTI0WUne des premieres dignités de la Religion. . V.
f Dans le cours de Tannée suivante , le Cardinal Maurice de Savoye íolli- AMa/Ví decita le Grand-Maître de fe déclarer en faveur de Jacaya , qui prétendons 1 ' 11 ®,être un Prince du Sang Ottoman. Mais il s’en excusa fur ce que pour faireréussir les desseins de ce Turc , & faire valoir ses prétendus droits au trône tsu’à ’l'ande Constantinople , il avoit besoin que les plus grands Princes de TEuropems-entrassent dans ce projet. 'ìoarT™'
La même année , le Pape Innocent X. conféra la Commanderie de Par-me au jeune Maldachino, neveu de fa belle-sœur. Cette nouvelle atteinteaux privilèges de TOrdre obligea le Grand-Maître d’envoyer des Ambassa-deurs à tous les Princes Chrétiens , pour leur représenter que la Religionne pourroit pas continuer ses armemens contre les Infidèles, II on la privoicde ses meilleures Commanderies. L’Ordre perdit cette année deux mem-bres de distinction , le Chevalier de Guise qui fut tué en voulant essayer uncanon , & le Maréchal Jey , qui en combattant un Corsaire Algérienreçut un coup de mousquet dont il mourut. Les Traités de Munster &d’Ofnabrug furent très-préjudiciables à TOrdre , auquel ils enlevèrent ungrand nombre de Commanderies en faveur des Princes Protestans d’Al-lemagne.
En 1648 Tlste de Malthe affligée de la famine fut secourue par un coup Fnmnede la Providence. Cinqmars , Commandant d’une Galere de la Religion, à Maltîie.rencontra un Vaisseau Flamand chargé de deux-mille sommes de bled, qu’ií l6 4 &-venoic Tacheter dans la Fouille. Cinq mars lui demanda de Tacheter, & ilrefusa de s’en défaire. Mais une tempête qui survint Tobligea de se réfu-gier dans le Port de Malthe, où il déchargea son grain au grand contente-ment du peuple.
En ce tems-là quatre Galères de la Religion, après avoir couru les mers duLevant, relâchèrent dans le Port de Messine. Les Magistrats craignant queces Galères, en retournant à Malthe, ne s’emparasstnt des Vaisseaux mar-chands chargés de grains, qu’elies rencontreraient , arrêtèrent comme parforme d otage la Galere St. Joseph , commandée par Jean de Bichi, de laLangue d’ítalìe , & laissèrent partir les trois autres avec une Lettre auGrand-Maître , où ils lui marquoient qu’ils n’avoient arrêté le St. Josephque pour s’en servir contre le soulèvement du peuple, qui soustrait beau-coup de la disette des grains. Le Grand-Maître, fans témoigner de ressen-timent contre les Magistrats de Messine, envoya charger des grains dans lePort d’Augusta. Avec tout cela la famine augmenta tellement à Malthe,que le froment manqua jusques dans !'Infirmerie. Les Chevaliers furant ré-duits au pain d’orge , & les habitans à la derniere misere. On envoya detous côtes chercher des grains, mais on défendit aux Commandans des Vais-seaux de la R.îigion de toucher aux Ports de Meíìine & de Païenne.
Le triste fort de Sultan Ibrahim qui fut étranglé, & Télevation de Maho- Covtínu/r-met I d. son fils fur le trône n’empêcha pas la guerre de Candie de eonti- t: " n ,le í amier viv ment. Le Grand Maître y envoya toujours des secours. L’année candie..suivante se donna-la célébré bataille de Foagia , à T embouchure des DarJa-
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