DE MALTHE Liv. XXI. Chap. VII. ip*
Le brave Chevalier de Temericourt étanc en course fut attaqué par cinq gros q IfrTm »Vaisseaux de Tripoli, il fe défendit avec tant de courage & d’intrépidité, y.qu’après leur avoir tué beaucoup de monde ils le hisser en t en liberté de Huhire dccontinuer fa route. Mais il fut peu après accueilli dune horrible tempête,qui le jetta fur les côtes de Barbarie, ou son Vaisseau fut brisé. Les Maures de ’ff sl ’ eS! ïle firent prisonnier, on le conduisit à Tripoli & delà à Andrinople, où é- / 4 »toit alors Mahomet III. Ce Prince lui demanda si c’étoit lui qui seul avoir 1725combattu cinq gros Vaisseaux de Tripoli? Moi-mêms , répondit le Cheva-lier. De quel pays es - tu ? repartit le Sultan. François , dit Temericourt C0UrC f aitTu es donc un déserteur, continua Mahomet, car il y a une paix solennel-prison ter*le entre moi V le Roi de France. Je fuis François , lui dit Temericourt, Sa m»r&-,mais je fuis aufjì Chevalier de Multhe; profession qui tri oblige à exposer ma viecontre tous les'ennemis du Nom Chrétien. Le Grand-Seigneur, qui admiroit favaleur, voulant l’engager à son lervice, l’envoya d’abord dans une prison,où il fut traité avec beaucoup de douceur, & il lui fit offrir ensuite tous lespartis avantageux qui pouvoient séduire un jeune guerrier de vingt-deuxans, entre autres, que s’il vouloit changer de religion il le marìeroit à unePrincesse de son sang. Le Grand-Seigneui, voyant qu’iì résistoit à toutes fespromesses, tenta si la voie de rigueur ne l’éoranleroit point, & le fit jetterdans un cachot pendant quinze jours. On lui fit souffrir les coups de bâton,la torture, on en vint même jusqu’à mutiler ses membres,- il souffrit toutavec une confiance héroïque, invoquant Jésus Chrifi pour lui demander lagrâce de mourir pour la confession de son nom. Enfin Manomet irrité de fafermeté, lui fit couper la tete, & jetter son corps dans la riviere qui passeà Andrinople, pour le dérober à la vénération des Chrétiens.
L’année suivante,il y eut une dispute entre les Commandans François & Tiícìsumlés Officiers de l’Ordre, au sujet du salut. Le Roi Louis XIV. la décida enfaveur de l’Ordre ; cette négociation très-délicate réussit par l’habileté duCommandeur de Hautefeuille, Ambassadeur de la Religion auprès du Roi. l’Ordre.
L’Ordre eut presque dans le même tems une dispute plus importante avec 167Z»-le Duc Demetrìus pour les biens du Duc d’Ostrog, Seigneur Polonois qui,.dès l’an 1618, avoit, du consentement de la République fubfiitué tous fes-biens à l’Ordre. Cette maison étant éteinte par la mort du Duc Alexandred’Ofirog, le Prince Lubomirski en donna aussicôt avis au Grand-Maître,,qui lui envoya une procuration pour maintenir les droits de l’Ordre contreles prétentions du Duc Demetrius, qui recamoit ces biens duchés de fa fem-me , sœur du feu Duc Alexandre.
LesMainotes, Grecs de religion qui habitent des montagnes de la Mo»
-ée,,implorèrent le secours du Grand-Maître pour lé soustraire à la domi=-station .desTurcs. Mais l’Efcadre de la Religion s’étanc rendue fur les côtes,.,les trouva fort divisés, les uns soutenant le parti de la liberté, & les autresvoulant relier fideles aux Turcs, defòrce que les Galères de l’Ordre aban--donnerent cette entreprise.-
En 1674, le Viceroi de Sicile ayant demandé dù secours àTGrrîre, le sS’/.yt-Grand-Maître lui envoya aussitôt les Galères, fur lesquelles s’embarquerencplusieurs Grand-Croix, asm de marquer leur zele pour le Roi d’Elpagno
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