Srvriost
viii.
De régné deLouis XII.
Vues desPuissancessontraftart -tes.
10 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
texte d’accommoder les différends qu’il y avoit dans les Fays-bas,conclurent le fameux Traité de Cambrai pour la destruction de la Répu-blique de Venise, L le Roi obtint que l’Empereur lui donneroit unenouvelle investiture du Duché de Milan, tant pour lui que pour sesdescendans mâles, & à leur défaut pour ses filles & leurs descendans (d).
Cette Ligue de Cambrai est un des plus grands & des plus singuliers évé-nemens qu’on ait jamais vu en Europe, elle n’avoit d’autre principe que leressentiment, & étoit directement contraire aux intérêts de toutes les Pai>ties contractantes. La République de Venise s’étoit rendue fort puissmtepar des voies assz peu légitimes; car les Etats ne deviennent gueres puis--fans, comme les particuliers deviennent rarement fort riches, si ce n’est'par la fraude & l’oppression (b), Mais cette République étoit le boulevardde l’Itaiie; elle empêchoit le Pape d’attirer. l’Empereur,ou comme on Rap-pel loi t le Roi des Romains en Lombardie contre les François; elle mettoic-obstacle à s accroissement de la puissance du Roi de France en Italie ; con-servoit au Pape son indépendance, & le Royaume de Naples à Ferdinandle Catholique. C’étoit à la faveur de leur puissance de quelque façon quel-le fût acquise, que les Vénitiens tenoient ainsi la balance; ainsi quoiquepeut-être il fût de l’intérêt de chacun de ces Princes séparément de tâcher'de recouvrer s’il étoit possible ce que la République leur avoit enlevé;;mais de l’obliger à rendre toutes ses conquêtes , c’étoit affoiblir unePuissance, qui les tenoit tous en respect, <k ouvrir une source de guer-,res fans fin entre eux (e). Le Roi Catholique redemandoit aux Vénitiens-'Trani , Monopoli, Brindes, Otrante , Gallipoli, villes fur le Golphe-Adriatïque. Les unes leur avoient été engagées & ils s’e'toient saisis desautres ; mais c’étoit par leur argent & par leur assistance que le Royaumede Naples avoit été conservé à la Maison d’Arragon, & que Ferdinand en-étoit possesseur (d). L’Empereur reclamoit, tant au nom de l'Empire quede la Maison d’Autriche dont il étoit le Chef, le Patriarchat d’Aquilée,.quelques Places dans le Frioul, Rovere dans le Trentin, Vérone, Padoue& Vicence au delà des Alpes (s ). Le Roi de France redemandoit Cré-mone, Crème, Bresse, Bergame, & le Pays au delà de l’Adda. II est'vrai qu’il les leur avoit cédées , en considération du secours qu’ìls lui'avoient donné pour conquérir le Milanés, mais ces villes & leurs Ter-ritoires en avoient toujours fait partie (/). Les Tirans avoient usurpéfur l’Eglise Faënza & Rimini, César Borgia en avoit dépossédé les Tiransles Vénitiens sen avoient chassé, & le Pape Jules IL avoit envie de lesravoir (g). Les Alliés dévoient commencer les opérations le premierd’Avril 1509, avant ce tems-là le Pape devoir demander aux Vénitiens-les restitutions qu’on exigeoit d’eux, & en cas de refus les excommu-nier, & demander du secours à l’Empereur, comme â YAdvouá de ïEglise ,
(«) Léonard, Seisfeî, Guicdardin, Da- brai L. I. Vie du Card. d’Ainboise L. V.niel & aï. Daniel , Mezeray,
(L) Machiavel , Vie du Card. d’Amboise (e) Les mêmes.
L. V. Hist. de !a Ligue de Cambrai L. I. (/) Ferrord de reb. Gest. Gallòr. St,-Mezeray, Daniel. Gelais , Brantôme.
(c) Seissel, Guicciard. Bembe Hist. (g) Hist. de la Ligue de Cambrai,!, c.
(i) M&riííM, Hist. de la Ligue de Caïn- Vie d’Aœboise tibi ftp.,-