HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 11
parcequ’en cette qualité il pouvoit agir contre les Vénitiens , fans violer SECTrosfR ferment qu il avoit fait d’obferver la trêve de trois ans (a). W'H* L 7r C % díJules fût le premier moteur de la Ligue, il s en repentit bien o , Louis xil.prévit les conséquences, & tâcha de les faire sentir à Ja Repuulique e . —
Venise, en lui offrant de la rompre, moyennant la restitution de laenza& de Rimini. Mais le Sénat fe confiant en ses forces, rejetta la pro-position , deforte que le Pape ratifia la Ligue, ce qu’il avoit diffèrequelque tems (b).
Le Cardinal d’Amboise, dont la haine pour les Vénitiens avoit fait Louis pyentrer la France dans la Ligue, agit avec cette infatigable diligence, *
qui fût le caractère de son Ministère. II fit préparer tout pour lacampagne, fit marcher les Troupes, prit des Suisses à la paye du Roi,
& mit tout en état pour commencer la guerre au tems marqué, bien queles autres Alliés ne se pressassent point (c). II sollicita & engagea le Roi apasser encore les monts pour commander son Armée en personne, malgréles prières & les larmes de la Reine, pour laquelle ce Prince avoit unegrande tendresse, & aux avis de laquelle il déferoit beaucoup. Le Cardi-nal lui-même, bien qu’attaqué de la goutte & de la fievre, passa les Al-pes en litiere, aiant pour maxime de ne laisser point aux autres ce qu ilpouvoit faire lui-même. Quand l’Armée fe mit en campagne, il parutque les Alliés avoient dessein de laisser porter aux François tout le faix dela guerre, & defe réserver les avantages qu’ils pourroient tirer de leur vic-toire ou de leur défaite. Le Cardinal étoit trop clairvoiant pour ne pass’en appercevoir ; il ne laissa pas de conseiller au Roi de marcher aux en-nemis & de leur donner bataille (d). Le Maréchal de Chaumont, neveudu Cardinal, & Gouverneur de Milan, avoit surpris Treviglio, ville audelà de l’Adda; les Vénitiens allìegeoient cette Place, leur Armée étoit detrois mille hommes d’armes, de quatre mille Chevaux-Legers, & de trentemille Fantassins, commandés par le Comte de Petigliane,& par Barthelemid’Alvìane, le premier aussi froid & lent que l'autre étoit ardent & plein defeu (e). Le Roi avoit deux mille, trois cens hommes d’armes,autant deVolontaires des premieres Maisons du Royaume,huit mille Suisses, & trei-ze mille autres Fantassins de ses propres sujets,aussi aguerris que les Suisses.L’avant-garde étoit commandée parles Maréchaux de Chaumont & Trivul-ce, le Roi étoit au corps de bataille avec le Duc de Bourbon, la Tri-mouille & un grand nom bre d'autres Seigneurs de la premiere qualité ; &
1 arriéré-garde étoit fous les ordres du Duc de Longueville. Les Vénitiensavoient pris Treviglio par composition, ce qui ne les empêcha point desaccager cette ville, & par là ils donnerent au Roi le tems de passer l’Ad-da fans opposition (/).
Le Roi avoit dessein de s’emparer de Vaïla, & les Ennemis avoient le Bataille
r -me dessein, ce qui donna lieu à une bataille, contre l’intention des Gé- oil ,J Féni ,
■ Amloi J à Hist. de la Ligue
(è) Les mêtnes.L*ts iiìûnigg^
(d) Vie rî’Amboife I. c.
(e) j Hernie Guicciurdin , Vie d’Aoiboise»c.
(/) Les mêmes.