iF HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIÏÎ.
Section par terre à remplir ses engagemens ( a ). II aborda à Calais au mois deV,IL Juillet avec une Armée de trente mille hommes, & fut joint par lEmpe-Louífxii* reur avec un S ros COr P s Cavalerie & d’Infanterie ; ce Prince prétendoic1S ' feulement «'excuser de n’avoir pas fait ce à quoi il s’étoit engagé, car dureste il étoit comme à la solde du Roi d’Angleterre, qui payoit ses Trou-pes & lui donnoit tous les jours cent écus pour fa table; circonstance quifait voir la vanité de l’un, & la bassesse d’ame de l’autre (b). Leur pre-mière entreprise fut le íiege de Terouane, qu’ils investirent avec uneArmée d’environ cinquante mille hommes. La Place était forte & 6cune vigoureuse résistance, ensorte que le Duc de Longueville eut le temsd’y conduire un gros convoi, ce qu’il 6t heureusement. Mais ayant étéattaqué à son retour, fa Cavalerie prit la fuite, & le Duc avec quelques-uns de principaux Officiers furent pris. Cette action se passa le igd’Août,& l’on y donna le nom de la Journée des éperons (c). Le 24. Terouanecapitula, après deux mois de siégé, l’Empereur & le Roi d’Angleterre nes’accordant point à qui l’auroit, ils firent raser & réduire en cendres laPlace (d). Henri à la persuasion de l’Empereur alla assiéger Tournai,ville considérable, qui auroit pu se bien défendre; mais leshabitans comp-tant fur leurs propres forces, ne voulurent point de Garnison, & néan-moins ils se rendirent au bout de trois jours. Bien que cette ville fûtmoins à la bienséance de Henri que Terouane il résolut de la garder, &après avoir ordonné d’y faire quelques nouveaux ouvrages & y avoirmis une bonne Garnison, il finit la campagne, & s’en retourna triom-phant en Angleterre (e).
Irruption Le Roi s’étoit trouvé d’autant moins en état de se défendre contredes Suisses i eS Anglois, que les Suisses fiers de la victoire de Novare, firent une ir-en rU p t j on en Bourgogne avec vingt-cinq mille hommes, & ils furent joints
par Ulric Duc, de Wirtemberg, qui amena deux mille Chevaux & quelqueArtillerie (/). Us aífiegerent Dijon Capitale de la Province, où Louis dela Trimouille s’étoit jette avec trois ou quatre mille hommes. La Placeétoit fort mal fortifiée , & ne pouvoit manquer d’être prise ; après quoirien n’empêchoit les Suisses de venir à Paris, dont plusieurs Bourgeoiscommençoient déja à déménager. Au commencement du siégé la Tri-mouille fit une sortie avec presque toutes fes Troupes, ce que l’on taxad’imprudence; mais aiant pris quelques Officiers Suisses, il les traita avecbeaucoup de bonté, & leur représenta le peu de raison qu’il y avoit à leurNation d’attaquer la France, tandis qu’il étoit de l’intérêt des deux Na-tions d’être alliées. Ces honnêtetés donnerent lieu à une négociation. LesSuisses demandoient quatre-cens mille écus que le Roi leur devoir de leursanciennes pensions ; que le Roi renonçât au Duché de Milan, & que ladécision des droits qu’il avoit au Duché de Bourgogne fût remise à d’ha-
(<0 Polyd. Virg- Hall, Holingjhei.
(fc) Herbert's Hiiloty os Henri VIII. Hub.Vûley ad Gaguin. Append.
(c) Mezeray, Daniel & al.
(d) Polyd. Ptrg. Hist. du Chev.Bayard.
(e) Hall, Hohngjhed, Strype’s Annals.(/) Perron . dereb.geít. Gallon Brantôme.,
Daniel.