ao HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Section sonnier en Angleterre & qui alloit souvent à la Cour, profita de la disposî*vm. tion où étoit Henri ; i) Jui insinua que le Roi son Maître étoit veuf, qu’ilLouff XII* àvoit encore que cinquante quatre ans, & que ce Monarque valoit bien unPrince d’Espagne pour la Princesse Marie (a). Le Roi d’Angleterre nerejetta point cette proposition, & le Roi Louis ne la désapprouva pas. Onconvint bientôt d’une suspension d’armes, & peu après on conclut un Trai-té (*) ; par lequel Tournai restoit aux Anglois, Henri devoit avoir un mil-lion d’écus; Louis étoit maître de faire valoir ses droits en Italie, fansmanquer au Traité, qui contenoit en même tems une Alliance offensive <Scdéfensive entre les deux Couronnes. Ce Traité fut signé le 7 d’Août,&ratifié par les deux Rois le 20 du même mois (b).
Motif qui Quelques Historiens insinuent, & avec assez d’apparence de vérité ,détermina qu’un des principaux motifs qui déterminèrent Henri à la paix, ce futHenri vin. ^our n’avoir plus à appréhender Richard de la Pôle, Duc de Suffolk , quipaix™ étoit prêt-de faire une descente en Angleterre avec douze mille Lansque-nets (c). Richard III. avoit déclaré ceux de cette Famille Héritiers de laCouronne. Henri VIL avoit laissé en mourant le frere ainé de Richardprisonnier à la Tour, H Henri VIII. lui avoit fait couper la tête avant quede partir pour sa derniere expédition ; ce qui prouve qu’il appréhendoit quela grande affection des Anglois pour la Masson d’York ne fût pas encoreéteinte (d). Ce qu’il y a de certain, c’est que Louis emploia d’une autremaniéré les Troupes qui dévoient servir contre l’Angleterre, & conseillaà Richard de la Pôle de se retirer à Metz, où il lui donna une pensionde six mille Livres (e).
Im Reine La Princesse Marie passa la mer avec toute la magnificence possible, &Marie re- les noces se firent à Abbevilîe le 9 d’Octobre (/). Le 6 de Novembre le Roifie avec & la Reine firent leur entrée à Paris aux acclamations du peuple. Au mi-óeaucoupde jj eu à réjouissances qu’on fit pour la réception de la Reine, le Roi ne né-nagnipcen- gjjg eo j t p as ) es affaires. Charles Duc de Bourbon s’étoit déja avancé versles frontières d’Italie avec une partie de la Gendarmerie Françoise, & ildevoit être suivi de seize mille Lansquenets, que le Roi avoit pris à fa sol-de ( g ). Mais dans ces entrefaite? le Château ou la Lanterne de Genes, lafeule place qui restoit aux François, en Italie, fut obligée de se rendre fautede vivres ; & aussitôt que les Génois en furent les maîtres, ils la rasèrent.( h). Le Roi souhaittoit fort de mettre le Pape dans ses intérêts, & deson côté Léon emploioit toute son adresse pour cacher son véritable def-
00 Mem. de Fleuranges.
(b) Herbert 1. c. Perron, ubi sup. Daniel.
(c) Ment. de Fleuranges , Ilub. Veìleyad Gaguin.
(d) Hall, Holingjhed, Speed, Daniel.
(e) Mem. du Maréch. de Fleuranges.
(f) Polyd. Vìrg. Daniel.
(ç) Guicciardin, Hist, du Chev. Bayard.(h) Mezeray & al.
(*) Nos Auteurs auroient pu corriger ici le P. Daniel, comme l’a fait le P. GriíFetdans ses Observations fur le régné de Louis XII. S’ils avoient consulté Rymer T. XIII.p. 413 & suiv & Rapin T. V. p. § 6 , ils auroient vu qu'il y eut trois Traités. Lepremier pour l’alliance offensive Sec. Le second contenant les conditions du mariage,L le troisième fur le million d’écus. Rek, du Tkad.