22 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section pas l’appanage des hommes, & ce font de vrais fìateurs que ceux qui l’at*IX. tribuent aux Rois. Mais les Historiens François les plus rigides convien-Derniers que jamais on ne vit dans aucun de leurs Rois plus de vertus Royales,
Maism ^de avec woins de défauts, qu'en Louis XII. Jamais, difent-ils, la France neValois. fut plus heureuse, plus riche , plus tranquille au dedans, & plus soumise,-- q Ue sous son régné. Jamais la justice n’y fut mieux administrée , les Ordon-nances des Rois utiles à l’Ecat mieux exécutées, la Discipline militaireplus exacte & plus sévere, mais en même tems on ne vit jamais les Trou-pes plus régulièrement payées. Dans les tems suivans ce fut une chargepour les Provinces d’y en avoir en quartier, mais fous Louis XII. elles ensollicitoient comme un bénéfice («). Sa Famille & fa Cour, le Peuple &la Noblesse l’adoroient, & lui donnerent d’un consentement unanime íe ti-tre de Pere de ses sujets; éloge auquel il fut très-fensible, enforte qu’il nepensa qu’à le bien soutenir. II diminua les taxes à son avènement au trô-ne, & à fa mort elles étoient réduites à la moitié. Quand la nécessitél’obligeoit d’imposer quelque taxe extraordinaire,il en fignoit l’ordonnanceles larmes aux yeux (b). Ses disgrâces mêmes le firent chérir de ses sujets;il auroit pu conserver ses conquêtes en Italie, en les chargeant, mais ilaima mieux les perdre que l’affection de ses peuples. Ou le trouvoit tropœconome, & au commencement de son régné on débita des satires, &on le joua même fur le théâtre. Le Roi ne l’ignoroit pas, & ce qu’il y ade rare, il ne s’en offensa point ; au contraire il dit à cette occasion unmot à jamais mémorable; J'aime mieux que mes sujets rient de mon (écono-me , que s’ils pleuraient d'être foulés (c). C’étoit de son tems la coûtumeque des crieurs publioient la mort de toutes sortes de personnes, ceux quiannoncèrent la sienne crioient le long des rues, le bon Roi Louis pore ditpeuple est mort (d). C’étoit-là tout-à-la fois le panégyrique le plus naturelle p tus achevé.
SECTION IX.
Histoire des règnes de François I. surnommé le Pere des Lettres, âeHenri II. de François II. de C iiarle.s IX. b de Henri III. enla personne duquel finit enticrement la Maison de Valois.
François J. T A veuve de Louis aiant déclaré qu’elle n’étoic point grosse , Françoismonte sur le * Comte d’Angoulême , Duc de Bretagne & de Valois, monta fur letrône. trône fans opposition (*). II fut sacré à Rheims le 25 de Janvier, & son
(o) Daniel T. IX. p. 494. (c) Brantôme , Ferron. 1 . C.
(b) Mezeray. (d) Henault.
(*) Le droit de la Maison d’Angoulême étoit fort clair, pareeque c’étoit une braiiïche de la Maison d’Qiléans, Jean Comte d’Angoulême étoit 1 ? cinquième fils de Louis