Section
IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
£e Conné-table aprèsavoir chasséV Empereurdu Milanésejl rappelle.
1516.
Traité deNoyon.
6 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIÎÏ.
_ pau j e Cardinal, s’estimant heureux d’être délivré du joug accablant desAllemands de ta mauvaise humeur des Suisses, & des intrigues artificieu-íïï des Espagnols (a). Le Roi fit une entrée triomphante dans Milan; ilv établit un Parlement fur le modele de celui de Pans; nomma le Conné-table Gouverneur de la ville & du Duché, & lui laissa dix mille hommes (JF).
1 e Pape aiant accepté la paix aux conditions que le Roi dicta, Françoiseut une entrevue avec lui à Boulogne , & ce fut - la que fut_ réglé le Con-cordât Le Roi aiant ainsi terminé glorieusement ses affaires en Italie,retourna en France, après avoir refusé le titre d’Empereur d’Onent quê-te Pane lui offrit pour l’engager à tourner ses armes contre les Turcs (c).
II trouva à Lyon fa mere & la Reine fa femme; la Cour reprit fa splen-d-nr oui en éblouissant les yeux du peuple, causoit bien des dépensesonéreuses & excitoit la jalousie & la haine des autres Princes ( d). L Em-nereur Maximilien étoit de ce nombre, & toujours le plus ardent à pren-dre parti contre la France. II entra en Italie avec une Armee de trenteSe hommes, assisté fous main par le Pape , & ouvertement par lesSuisses II poussa si vigoureusement le Connétable, que ce Seigneur futsur le point a abandonner Milan, & en brûla les fauxbourgs par le conseilmalin des Vénitiens. Le Roi François aiant conclu un Iraite avec lesSuisses à la réserve de cinq Cantons, leur donna six-cens mille ecus,&sis firent marcher douze mille hommes au secours du Connétable (-).Sorquoi Maximilien , dont l’Armée étoit principalement composée deSuisses, se retira en diligence, craignant pour sa personne,& peu âpresses Troupes fe débandèrent. Le Roi rappella le Connétable, pour satis-faire la haine de fa mere, & envoya Odet de Faix, Vicomte de Lau-trec Dour commander dans le Miianes, pareequ il étoit frere de fa Max-îressè (f) Ce nouveau Gouverneur prit Bresse , quil rendit aux Véni-tiens, mais il fat obligé de lever le siégé de Verone. La mort de Ferdi-nand le Catholique fournit au Roi l’occasion de donner des Troupes a laMaison d’Albret, pour reconquérir la Navarre ; cette -conquête se fit promp-tement & avec beaucoup de résolution, mais on la reperdit avec autantffimnnidence. Le Cardinal Ximenes rendit de nouvelles entreprises pres-que impossibles , en fesant raser les Forteresses, & dépeuplant presque le
^Charles d’Autriche étant fur le point de passer en Espagne , conclutle Traité de Noyon à des conditions si avantageuses pour la France,nn’on ne devoit pas s’attendre qu’il l’observâr. II s engagea a épouser laPrincesse Louise fille du Roi, quoiqu’elle n’eût encore quun an & depayer cent mille écus par an pour son entretien; de rendre la Navarredans six mois à Henri d’Albret; sinon qu’apres ce tems il seroit permisau Roi de l’affister. Le véritable motif de Charles en fesant ce Traite,
(a) Les Blâmes, & Mein. de du Bellai.
(b) Mein. de Louise de Savoye , Ment-ray, Daniel.
(t) Gukciardin, Mezeray , Mem. de duSellai.
(d) Mem. de Louise de Savoye & ai.
(«) Mezeray , Mem. de du Bellai.
(/) Les mêmes.
(g) Mem. de du Bellai , Mariana, Fer-reras.