SSCTION
IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
23 HISTOIRE DË FRANCÈ. Lïv. XtlII.
La naissance da Dauphin donna beaucoup de joie au Roi & á ses sujets,I.aurenc de Medicis le tint fur les fonts au nom du Pape. C’étoit-là un deses artifices pour maintenir le Roi dans la bonne opinion qu’ii avoit de lui,tandis qu’il lui rendoit secrètement de mauvais offices, & qu’il travailloit àformer une Ligue, pour le dépouiller du Milanés, D’autre part Françoisavoit toujours dessein de faire revivre ses droits fur le Royaume de Naples,& dans cette vue il combloit le Pape de faveur, espérant de le gagner &de se l’attacher entierement. Pour y réussir, il avoit déja assuré injuste-ment le Duché d’Urbin à Laurent de Medicis, & ensuite il lui fit épou-ser Madelaine de Boulogne, niece du Duc de Vendôme, qui étoit unsriche héritière (a); ils eurent pour fille unique Catherine de Medicis,donïnous aurons à parler amplement dans la fuite.
(a) Mem. de du Billai » Henault , Mezeray.
îion les Réserves & les Expectatives, mais on n'y fit aucune mention ni de l’obligatíoftdes Papes d’assembler le Concile Général dans un teins déterminé, ni de la supérioritédu Concile au dessus du Pape. Les deux principaux points de cette fameuse convention é-toientque lePapeaccordoit au Roi la nomination aux bénéfices de son Royaume , sous quel-ques clauses , íi on accordoit au Pape les Annales , ou le revenu d’une année de chaquebénéfice, à mesure que le Roi y nommoit; c’est ainíì qu’on abolit ks Elections. & quelsRoi & le Pape partagèrent entre eux les dépouilles dc l’c.gli'e Après son retour .Fran-çois fit tous ses efforts pour engager le Parlementa recevoir le Concordat Le Nonce du Pa-pe présenta au Roi deux Livres scellés en plomb, dont l’un contenoi't le Concordat, 6íPautre la révocation de la Pragmatique Sanction mats ce Prince se contenta de faireprésenter au Parlement le Concordat pour le publier & l'enrégistrer, puisque par lá laPragmatique seroit suffisamment abolie. 11 alla pour ce soja au Parlement, & en saprésence le Chancelier lit un Discours éloquent pour justifier la conduite du Roi & ïasienne Après fa harangue le Parlement & le Corps du Clergé se retirerent chacun dansune 'Chambre pour délibérer séparément Le Cardinal de Boisi étant revenu à la têtedes Ecclésiastiques, dit que I affaire dont il s’agissoit intér-ssoit toute P..gille Gallicane,-& qu’on ne pouvoit fans l’asscmbler ratifier le Concordat Et moi , reprit le Roi en colere,je vous le ferai bien faire , ou je vous envoyerai à Rome contejìer avec le Pape. La réponsedu Parlement fut plus soumise, mais elle étoit essentiellement la même. Le Roi fit ex-pédier ses Lettres Patentes contenant le Concordat, & ordonna au Parlement de l’enré-gistrer. Le Parlement recommença un nouvel examen, & conclut encore qu’il ne pou-vois, ni publier ni enrégiílrer lc concordat, & qu'íï étoit résolu d’observer la Pragmati-que, comme auparavant; que li le Roi vouloir l’abolir il étoit nécessaire d’assembler'l’Eglise Gallicane, comme avoit fait le Roi Charles VII. lorsqu’il fit la Pragmatique.François répondit, qu’ii étoit Roi en France, qu’il ne prétendent pas qu’il y eut unSénat comme à Venise, & qu’il vouloit être obéi. Le Parlement fut donc contraint dècéder, mais en même teins la Cour tic une protestation par devant l’íivêquede Langres,Duc & Pair de France, oii elle d i soi t qu’elle ne fefoit rien que par le commandementexprès du Roi ít par force ; qu’elle n’entendoit point approuver le Concordat, ni quedans la fuite on jugeât les procès suivant ce Traité, mais luivant la Pragmatique Sanc-tion. C’est aussi ce qu’ellc lit quelque teins- après, lorsque le Chapitre d’AIbi élut uiìautre Evêque que celui qui avo.t été nommé par le Roi. Le procès fut intenté au Par-lement de Toulouse, ót puis évoqué au Parlement de Paris. Le Roi manda le PremierPrésident, & lui commanda de juger suivant le Concordat; mais nonobstant cet ordre,le Parlement adqigea i’Evêché à l’élu Pendant ta prison du Roi en Espagne ks con-testations furent suspendues; mais après son retour il ôta au Parlement la connoissancèdes procès touchant les Archevêchés, les Evêchés , les Abbayes &c. & l’attrìbua aïsQiuaJ Conseil,