HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 29
Le Roi se défioit toujours de l’Angleterre, & non fans raison ; car ii Sectionetoit mal alors avec le Cardinal Wolsey, qui sous le nom de Ministre gou- IX.vernoit Henri VIII. aussi absolument, qu’un Tuteur son Pupille ; &: qui R 0 ™fc S laetoit néanmoins redevable en grande partie du Cardinalat à François. Wol- Maison desey avoit engagé Henri à donner des marques de jalousie, qui avoient obli- Valois,gé ie Roi de quitter l’Italie plutôt qu’il n’auroit voulu ; le Ministre avoitaussi porté son Maître à fournir de l’argent à l’Empereur pour sa derniere £ mvc ma .expédition d’Italie. Mais volant qu’íl n’y avoit aucune apparence d’alìumer y n de rc-la guerre en Europe, dans les conjonctures présentes, il sic quelques avan- couvrerces au Roi de France ; ce Prince qui le connoissoit à fond,lui fit de richesprelens, lui demanda ses avis fur des choses importantes (a). Ce quiles avoit brouillés, c’étoit l’Evéché de Tournai, dont Wolsey avoit l’ad-rcnnistration & les revenus, & dont ilauroit voulu aussi avoir le siégé; Je r^Angltttr-Roi le lui avoit non feulement refusé, mais avoit même sollicité le Pape ri.d en faire rendre l’administratìon à l’Evêque , qui étoìt son sujet. II ISlS *traita avec Wolsey de la restitution de Tournai, promettant de le dé-dommager amplement de ce qu’il y perdroit en son particulier. Cet articleétant réglé avec le Ministre, l’Amiral de France, & d’autres personnes dedistinction se rendirent en qualité d’Ambassadeurs à Londres pour traiter avecy le Roi Henri. Le Cardinal ménagea cette affaire avec beaucoup d'adresse;il vendit Tournai très-cheremenc ; mais pour ôter tout sujet de plainte auRoi François, il fit conclure le mariage du Dauphin encore au berceau,avec Marie fille unique de Henri, à laquelle il fit assigner une grosse dot,qui devoir être déduite de la somme stipulée pour Tournai (b). Ce TraitéLiant été signé le 14. d’Octobre, le Roi accorda au Cardinal par Lettres Pa-tentes, une pension annuelle de quatorze mille Livres. François fut si con-tent du marché qu’il avoit fait, qu’il proposa de traiter pour Calais; Wol-sey promit encore de ménager cet important article, & suivant les appa-rences i! en seroit venu à bout, n Charles Roi d'Espagne n’avoit rompu lecoup en mettant le Cardinal dans ses intérêts (c). Lautrec gouvernoit leMilanés fort durement, tourmentoit le peuple & araassoit d’immenses ri-chesses. S’appeïcevant que cela n’empèchoit pas que le Maréchal Trivulcene fût beaucoup plus considéré que lui. ii ie rendit suspect au Roi. Trivulcetn sac instruit, & quoique âgé de quatrevingts ans & infirme, il passa lesnaonts au cœur de l’hiver pour venir se justifier; mais le Roi étoit si prévenucontre lui, qu’il ne voulut pas 1 écouter; ce vieux guerrier en fut si couché,qu il mourut de chagrin {d). La Princesse Lotisse étant morte, le Roid’Espa-gne, qui vouloit toujours ménager le Roi de France,renouvelia le Traité deoyon, & promit d’époisser la Princesse Charlotte, qui venoit de naître; maiscomme il penfoic aussi peu à épouser l’une que s autre, cela étoit de peude conséquence. ^ *
Tou? v . ertu du Traité avec s Angleterre, M. Coligni prít possession dsnai > qui outre les présens & les pensions pour ie Cardinal Wolsey»
rS XXVII. Herber t&al. (c) Polyd. Vìfg. Daniel. .
pin í ?: i T. Atil. Ra- , (s) Brantôme T. V. P. U. ?. -5-. Là
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de 1740.
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