Section
IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
Charles V.emporte lacouronneImpérialesur Fran-çois J. cequi renditces deuxPrinces en-nemis irré-conciliables.1519.
Entrevueentre Fran
COÍ3 I. N
HenriVII l.
3 0 HISTOIRE DE FRANCE. Lrv. XXIII.
couta au moins quatre cens mille écus au Roi. Les deux Monarques étoientnéanmoins si bons amisque Henri fut parrain du second fils de François,& lui donna son nom de Henri (a).
La mort de l’Empereur Maximilien eut une grande influence sur les af-faires de l’Europe. Dans les derniers tems de fa vie, il avoit entretenudes négociations perpétuelles avec le Roi d’Angleterre, feignant de vou-loir se démettre de l’Empire en sa faveur, ou d’engager les Electeurs à ìechoisir pour son successeur. Mais tout cela n’étoit que pour obtenir del’argenr. Sa véritable intention étoit de faire tomber la Couronne Im-périale à Ferdinand, le second de ses petits-fils ; mais après y avoir pen-se mûrement il préféra Charles, & agit en fa faveur auprès des Electeursdans le tems qu’il mourut. François I. quoiqu’il eût refusé le titre d’Em*pereur d’Orient, n’avoit pas la même indifférence pour l’Empire d’Alle-magne , au contraire il ambitionnoit fort de faire rentrer l’Empire dans laMaison de France; comme il étoit très-libëral & même prodigue, il n’eutpas de peine à obtenir des promesses des Electeurs (S). Le Pape affec-toit tantôt d’être neutre, tantôt de favoriser le Roi de France ; mais aufond il ne fouhaitoit ni François ni Charles pour Empereur ; & il auroitréussi dans ses vues, si le Duc de Saxe avoit voulu accepter l’Empire, maisil le refusa, & les Electeurs après mûre délibération le déférèrent à Char-les (c). Comme une des grandes raisons qui le fit préférer à François ,étoit que les Princes d’Allemagne appréhendoient, qu’il ne les réduisit aupetit pied comme ceux de France, ils résolurent de borner l’autorité deleur nouveau Maître; dans cette vue ils dressèrent une nouvelle capitula-tion , qu’il devoir accepter avec la Dignité Impériale. II y a de l’apparenceqa’il n’y auroit pas souscrit , s’il n’eut appréhendé d’être supplanté parFrançois. Les deux Concurrens se conduisirent réciproquement avecbeaucoup de politesse; mais François ne laissa pas d’être si vivement pi-qué d’avoir échoué, que ce fut-là la source de la haine mortelle que cesdeux Princes eurent l’un contre l’autre, bien au’ils la déguisassent en desoccasions particulières. Le Roi de France reprit d’abord le projet de re-conquérir le Royaume de Naples, que fembloit favoriser l’ancien préjugé,que cette Couronne étoit incompatible avec la Dignité Impériale.
Avant que de s’engager dans cette entreprise, François voulut s’assurer• du Roi d’Angleterre. II fit passer l’Amiral Bonnivet en Angleterre, pourengager Henri à avoir une entrevue avec lui; il y réussit aisément, car leMonarque aimoit la pompe, & son Ministre les présens. Les deux Rois& les Reines se rendirent entre Ardres & Guines ; jamais on n’avoit rienvu en Europe qui approchât de la magnificence qui fut étalée, & cetteAssemblée a été mémorable fous le nom de Camp de Drap d'or. Elle duradix ou douze jours, épuisa le trésor des deux Rois, ruina grand nombrede Seigneurs, & n’aboutit à rien '(d). Le nouvel Empereur, passant d’Ef-pagne aux Pays-bas, relacha à Douvres, y fut instruit de ce qui s’étoit
(a) Herbert , Du Tillet. val , Cuicciardin, Daniel & al.
(b) Belcar. Gnicciardin, Daniel. ( d ) Velley ad Gaguin. App. Mein. Ú9
(c) Belcar. Pet. de Angleria iip. Sando» Louise de Savoye. Daniel (í al.