HISTOIRE DE FRANCE. Lïv. XXIII. ^ 31
passé dans l’entrevue des deux Rois, & gagna si bien Wossey,quìlaffoi-S ectionW it, s’iln’effaça pas le souvenir des politesses de France (A Tous es 1 o-riens François arrangent ainsi les faits & les dates, & ranonnen J" Rois de lamaniéré. Cependant il est certain que la visite de l’Empereur preceda 1 en Maison <itdes deux Rois, ainsi que tous nos Historiens en conviennent, & comme on a 01b * _peut le prouver incontestablement. Mais ce doit être par hazard que lesAuteurs François font tombés dans l’erreur, puisqu’ils auroient mieux réunià faire connoitre la mauvaise foi de Wolsey, en rapportant le fait tel qu Uétoit. Toute la différence qu’il y a, c’est qu’en gagnant ce Ministre d a-vance, Charles empêcha que l’entrevue ne fût préjudiciable à ses intérêts,au lieu d’apprendre ce qui s’y étoit passé,& d’effacer le souvenir des hon-nêtetés qu’il avoit reçues. De quelque façon que ce soit, la duplicité &la perfidie est la même, ou pour mieux dire le Cardinal est plus coupableencore, aiant changé de parti avant l’entrevue. „ .. ,
Pendant que .Charles V. se fesoit couronner à Aix-la-ChapelJe, & qu 1!se croioit sûr du Pape, qui avoit promis de se relâcher sur l’article de lm- ai , ecli p a Mcompatibilité du Royaume de Naples avec 1 Empire, François traita avec p, mrLéon, en supposant cette incompatibilité incontestable. Ils conclurent un RoyaumeTraité, par lequel le Pape promit de refuser l’investiture du Royaume deNaples à l’Empereur, & de la donner au Roi aussitôt qu’il en seroit le mai- 32tre, non pas pour lui, mais pour Henri son second fils, à condition qu ilcéderoit au Siégé de Rome la ville de Gaiette, & une grande étendue dePays, & que pendant la minorité du Prince, le Royaume seroit gouvernépar un Légat Apostolique. Sur la foi de ce Traité le Roi commença à fairedes préparatifs & à prendre ses mesures (b).
Comme le Roi ne pouvoit pas avoir une plus belle occasion de s’emparer Çmç'.éte dede la Navarre, que la révolte des Communes de Castille, il assembla un ^bon corps de Troupes,fous le commandement d’André de Foix Seigneurde l’Efparre, frere du Maréchal de Lautrec, & de la Comtesse de Cha- à.teaubrian. Le Pays étant ouvert, il enleva d’abord Saint Jean de Pié i$u.de Port, & ne trouva aucune résistance jusqu'à Pampelune, qu’il prit demême que la Citadelle après un siégé fort court. II est certain que si l’Es-parre se fût contenté d’exécuter les ordres qu’il avoit, & de bien assurerfa conquête, la Navarre étoit perdue absolument pour la Maison d’Au^triche (c). Mais enflé de ses succès, il en perdit le fruit; il alla mettre leflege devant Logrogno en Castille; la Noblesse d’Espagne prit les armes,
& l’obligea de lever le siégé. L’Armée Espagnole le suivit, & à une lieuede Pampelune, l’Esparre, sans attendre un renfort de fìx mille hommes quiétoient en marche, donna bataille, fut battu, & fait prisonnier. Cettedéfaite fut suivie de la perte de Pampelune & de toute la Navarre, quifut reprise aussi promptement qu’elle avoit été conquise (d). Dans le teinsque le feu de la guerre sembloit s’éteindre de ce côté-là, il se rallumaoans les Pays - Bas pour un sujet très-leger; il ne fut pas néanmoins tant3 cau se de la guerre, qu’une preuve que Charles<S í François étoient résolus
(») Daniel & a ].
W Guiuiardin, Da»,77,
(c) Daniel.
{d) Pet. à’Àngltm Ëp. Daniel*