Sjktión ,IX.
DamiersRois de laMaison deValois.
Sujet ouplutôt pré-texte de laguerre en-tre CharlesV. ^Fran-çois l.
Commence-ment de laguerre.
Z 2 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
de saisir la premiere occasion pour emploier toutes les forcés de leurs
vastes Etats à satisfaire leurs ressentimens l’an contre l’autre.
II y avoit eu depuis quelques années entre les Seigneur d’Aimeries & lePrince de Chimai, un procès touchant la petite ville d’Hierge dans les Ar-dennes , qui avoit été terminé en faveur du Prince de Chimai par les Pairsdu Duché de Bouillon. Le Seigneur d’Aimeries avoit prêté à l’Empereur,au rems de la Diete de Francfort, une somme considérable, qui lui avoitété fort utile pour son élection. Au lieu de rendre l’argent au Seigneurd’Aimeries, on lui permit d’appeller de la sentence des Pairs de Bouillonau Conseil souverain de Brabant ; & les enfans du Prince de Chimai furentsommés de comparoitre devant ce Tribunal. Robert de la Mark, Duc deBouillon prit feu là-dessus: pour deux raisons. La premiere, parcequ’ilétoit tuteur des enfans du Prince de Chimai, desquels il avoit épousé latante. La seconde, qu’on donnoit atteinte à la Souveraineté de Bouillon,qu’il prétendoit ne relever de personne. Ërard de la Mark Evêque deLiege, son frere, avoit été autrefois attaché à la Cour de France, &Robert lui - même avoit été auísi à son service ; mais Madame d’Angou-lême , mere du Roi, aiant fait manquer à l’Evêque le Chapeau de Car-dinal, parcequ’elle avoit eu cinquante mille écus pour le procurera unautre, les deux frétés se livrerenc au Roi d’Espagne, &'l’Evêque de Liegeavoit beaucoup contribué à sélection de l’Empereur. Ce service aggravadans leur esprit l’injure qu’on fesoit à Robert, & ils se réconcilièrentd’abord avec le Roi ; Robert alla même en personnne pour lui demandersa protection. François le reçut à bras ouverts, & lui aiant selon les ap-parences fait présent d’une somme considérable, le Duc de Bouillon levades Troupes, & avec trois ou quatre mille hommes alla faire le dégâtdans le Duché de Luxembourg,- il envoya même un Héraut déclarer laguerre à l’Empereur en présence de la Diete (n). L’Empereur fit partirdeux Envoyés, l’un pour la France, chargé de faire ses plaintes au Roi,fur ce qui s’étoit passé, & l’autre pour l’Angleterre, qui devoir représen-ter à Henri comme à l’arbitre de tous les différends entre les deux Cou-ronnes , l’insulte qu’on venoit de faire à l’Empereur. Tout cela n’aiantde rien servi, Charles V. envoya une Armée fous les ordres de HenriComte de Nassau , pour châtier Robert de la Mark.
Ce fut cette Armée qui commença la guerre, le Comte de Nassau s’é*tant rendu maître de Moufon, échoua devant Mezieres, où commandoitle Chevalier Bayard. D’autre part les François prirent Hedin & quelquesautres Places. Le Roi marcha droit à Valenciennes, où l’Empereur étoitcampé, & aiant passé l’Escaut, il se mit en devoir de donner bataille, maisl’Ëmpereur se retira ; si l’avis du Connétable de Bourbon avoit été suivi, ilauroit suivant les apparences été battu. Mais le Roi étoit si prévenu con-tre lui par fa mere, qu’il rejetta son conseil. 11 donna même le comman-dement de savant-garde au Duc d’Alençon qui avoit épousé, sa sœur, ce quinon seulement étoit un affront pour le Connétable, mais contre le droit de
00 Mcm. de du Bellai.