4 o HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Les ennemis avoient leurs embarras. Pavie étoient aux abois ; la Garnisonëtoit composée principalement d’Allemands, qui s’étoient mutinés fautede paye. Le Gouverneur Antoine de Leve se trouva tellement pressé parces Lansquenets, qu'on le soupçonna d’avoir fait empoisonner leur Géné-ral , comme le seul moyen de les empêcher de livrer la Place. Les embar-- ras étoient aussi grands & plus grands même dans leur Armée, où les Trou-Mssurss _ p es étrangères étoient fur le point de fe débander, pareequ’on n’avoic pastour'faire* ^st 110 * ^s payer. Cela détermina le Viceroi, le Marquis de Pescaire & le
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SiîCTTON
IX
DerniersRois de laMaison dcValois.
lever le fie- D uc de Bourbon, de faire d'abprd une entreprise fur Milan, & s’ìls n’yge. réussissaient point d’attaquer le Camp du Roi (a). François 1. n’en doutoic
J 5 2 5* point, & i! avoit délibéré déja fur le parti qu’il devoit prendre. Ses plus•vieux- Capitaines étoient d’avis qu’il levât le siégé, ôc qu’il travaillât à ra-fraîchir & à grossir son Armée. Le Pape, dont les intérêts étoient alorsliés avec ceux du Roi, lui donna le même conseil par son Ambassadeur àRome. François 1. crut que son honneur étoit engagé dans cette entre-prise, & qu’il ne pouvoic fans honte décamper de devant Pavie. Danscette occasion, la Trimouiìle avança une maxime aussi vraye que courte,que le véritable honneur à la guerre étoit de réussir ; & qu’aucune raisonne peut jamais justifier unè défaite. II fit voir au Roi que par un combatil riíquoit son Armée, fa personne & son Royaume, ôi qu’il ne ri/quoitrien par la levée du siégé; qu’à considérer l’état des deux Armées, les en-nemis étoient presque lûrs de la victoire. Mais l’Amiral Bonnivet s’enga-gea à si bien disposer son camp, que les ennemis n’oseroient sattaquer, &qu’il prendroit infailliblement Pavie; il n’en fallut pas davantage pour dé-terminer le Roi à rester (L). D’autres disent, qu’il avoit écrit à une desos Maîtresses, qu’il viendroit la voir après la prise de Pavie, & que cefut-là le ridicule motif, qui lui fit risquer tout plutôt que de lever le siégé(c). Quoiqu’il en soit, il vit bientôt, ou auroit dû voir qu’il devoit chan-ger de résolution. Les Grisons qui étoient dans son Armée furent rappel-les pour aller défendre leur propre Pays ; desorte qu’il fut obligé de faireentrer dans les lignes, presque toutes les Troupes qui étoient dans Milan,& il fit fortifier son camp avec tout le soin possible. Les Généraux del’Empereur résolurent de l’attaquer, pareeque s’ils étoient victorieux, ilsétoient sûrs de fécourir Pavie, ôc de recouvrer le Milanés; & d’un autrecôté leur armée ne pouvoit manquer de fe débander, s’ils ne le fesoientpoint. lis prirent donc le parti le plus sage, ôc eurent fur le Roi deFrance l’avantage qu’il ne tenoit qu’à lui d’avoir fur eux.
Bataille de Le 24 de Fevríer , Fête de Saint Mathias & jour de naissance de l’Em-pereur, ils attaquèrent le Parc Ôc le Château de Mirabel, où étoit posté leDuc d’Alençon avec l’arrierc-garde. Ils comptoient de l’emporter, suppo-sé que le Roi ne sortit pas de lés retranchemens pour soutenir le Duc, ôcs’il en sortoit il perdoit l’avantage du terrein où il s’étoit fortifié. LesArmées étoient à peu près égales, ôc fesoient ensemble soixante mille
hom*
Paviele Roi e,défaitpris.
(a) Annales de France, (c) Brantôme.
(b) Mezeraj Daniel.
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