HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 45
solution de faire arrêter la Duchesse d’Alençon, le jour même que : son SectionSauf-conduit expireroit. Elle fit échouer ce projet, en marchant jo oc n emi ‘ rsnuit, & le Roi de Navarre se sauva en ce tetns-la du Chateau de , •
Ces deux incidens déterminèrent l’Empereur, à conclure son Traite avec Mdfmdele Roi, en lui fesant acheter sa liberté le plus cherement quil lui íeroit Vâs. ^possible (a). En quoi il aí r it contre l’avis de ses plus sages & habiles Mi-nistres , qui prévoioient que l’on n’obtiendroit point la jouissances de tousles avantages stipulés & que le Roi conserveroit le désir de se venger. . ^Cette grande affaire se termina au commencement de Tannée i 5 2 £
Le Traité daté de Madrid le 14 de Janvier, étoit à tous égards aussi .avantageux à T Empereur, que désagréable pour le Roi & préjudiciableà 13 Nation Françoise, qu’il étoit poffible (*). Ceux qui disent, que lapatience du Roi étoit épuisée, & qu’il étoit déterminé de fe procurerla liberté à tout.prix, ce qu’il auroit pu faire à de beaucoup meilleu-res conditions, s’il avoit supporté sa prison avec plus. de patience, luifont plus d’honneur & à ceux donc il suivit les conseils , que d autresqui prétendent non simplement excuser, mais justifier fa conduite, quifut assurément extraordinaire & ir^gguliere. II protesta juridiquement enprésence de témoins & de Notaires de confiance , de la violence qu on luifefoic, & de nullité de tout ce qu’il signeroit. Après la signature duTraité, il fut gardé aussi étroitement qu’il Tavoit été auparavant, & on leretint encore plus d’un mois à Madrid. Le lendemain d’un long accès defievre qu’il avoit eu, le Viceroi de Naples vint dans fa chambre , òí luidit qu’il venoit pour lui fiancer la Reine Douairière Ejéonore, dont il étoitle Procureur à cet effet, quoique cette Princesse ne fût qu’à quatre oucinq lieues de Madrid. Ensuite TEmpereur le mena voir sa future épouse,
& après la visite le fit reconduire au Château de Madrid, malgré la répu-gnance qu’il avoit témoignée d’y rentrer- (-). Le 21 de Fevríer, l’Empe-
(a) Les mêmes, (d) Anton, de Vera Hiíì, de Charles V.
t - • d? ce Traité qui a été fi fort blâmé , étoienf, Que le Roi
épbuscroit SéoTore sœur de^’lìrapereur, avec deux-cens mille écus de dot. Qu’il feroitmis en H eftM" io de Mars, & qu'il donneroit le même jour ses deux fils en étage àl’iimpereur QuT céderoic 4 l’fiínpereur le Duché de Bourgogne en toute Souveraine-lé. Qu’il se dêfisteíoS de l’hommage que l’Empereur lut devoit pour es Comtés d Ar-tois & de Flandres. Qu’il renonceroit à toutes ses prétentions fur les Etats de Naples;,de Milan, de Genes, Air, Tournai, Liste & Hesdin. Qu’il porteroit Lienri d Albietà renoncer au Royaume de Navarre, ou au moins qu’il ne l’assisteroit pomt. Que dansquarante jours le Duc de Bourbon & tous ceux qui l’avoient suivi serment rétablis dansleurs biens. Qu’il rétabliroit Philibert de iChâlons Prince d’Orange & le Marquis deSaluces dans leurs Etats. Qu’il ne donneroit aucune assistance^ au Duc de GueldrestravailUroit après la mort de ce Prince, ù faire tomber ses villes à l’Empereur. Qu u payeroit au Roi d’Angleterre cinq-cens mille écus que l’Empereur lui devoir. Qa'd pre;teroit à l’Empereur, quand 11 iioit prendre la couronne Impériale en Italie, oGalères ft quatre grands Vaisseaux, & des Troupes de terre , ou qu’il lui donntroideux-censmille écus. Enfin le Roi donna fa foi, que s’il ne pouvoit faire exécuterarucics, u i e remettroít volontairement en prison.
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