HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXI1Î. g £
des Pays-Bas, avoit fait entrer Martin van RoíTem en Champagne, où il Sectíonfesoit de grands ravages (a). Le Roi entra néanmoins dans le Duché de ix.Luxembourg, & y prit Damvilliers, Yvoi & Montmedi; il donna auffi àK obère de Ja Mark des Troupes pour reprendre Bouillon, que ('Empereuravoit enlevé à son ayeul il y avoit trente-un ans. Le Roi avoit tant fati Valois.
gué durant cette campagne, qu’il tomba dangereusement malade à Sedan,-
ce qui allarma toute la Nation, & surtout les Favoris (&).
La guerre étoit suspendue en Italie. Le Maréchal de Brifiàc, quoique Trív enson Armée ne fut rien moins que nombreuse, s’étoit emparé de Sienne, & ^ a [ ie &avoit remporté tant d’avantages, que le Pape, qui avoit conclu avec lu *une trêve de deux ans, paroissoit pencher de son côté. L'Empereur, '
qui prétendoit toujours n'avoir agi que comme auxiliaire, voulut y être'compris; deforte qu’Octavio Farnese demeura en possession de Parme(c). Charlequint savoir qu’aussitôt que les conjonctures le permettraient,ìl de'pendoit de lui de recommencer la querelle. Bailleurs i! pensoit prin-cipalement à recouvrer les places qui avoient été enlevées à ('Empire,deforte qu’il souhaitoit d’être tranquille d u côté de l’Italie, appréhen-dant que les François, secondés des Turcs, ne se. rendissent maîtres duRoyaume de Naples, Henri qui avoit fait ce qu’il vouloir, consentitsans peine à la trêve; fans avoir égard aux intérêts des Turcs ses Al-liés. Les Princes de ('Empire se conduisirent précisément par les mê-mes motifs ; ayant obtenu par le Traité de Pasiau tout ce qu’ils souhaí-toient, ils laissèrent leurs Troupes à la disposition de ('Empereur, à laréserve cependant d’Albert de Brandebourg.
Charlequint vint devant Metz, vers la fin d'Octobre , avec une Armée L'Empc-de cent mille hommes de pied, de douze mille chevaux & une nom - reur "MZsbreufe Artillerie (d). La ville étoit grande, & si foible, qu’il pouvoit se d*Bâter avec raison de n’y trouver pas beaucoup de résistance. Le Duc de f ev ° sr WsiLGuise s’y étoit enfermé avec deux Princes de íà Maison, trois Princes du ge.
Sang, cinquante Seigneurs de la premiere qualité , cinq-cens Gentilshom-mes avec leur fuite, & cinq mille hommes de la meilleure Infanterie deFrance. Durant le fiege, Albert de Brandebourg, s’étant accommodéavec J’Empereur,surprit un corps de Troupes commandé par le Duc d’Au-male & le défit entierement, ce qui priva la garnison de Metz de tous se-cours, & de quelque diversion en fa faveur (e). Le Comte de Rœux en-tra en Picardie & y fit de terribles ravages; il prit Noyon, Roye, Nelle,
Chauni & brûla la Maison Royale de Folembrai. Les Parisiens en furent siallarmés, que la ville fut fortifiée du côté de la Picardie, mais aux dépensdes Bourgeois (/). L’Empereur eut donc tout le loisir & touc l’avantagepossible pour pousser le fiege de Metz. Mais la rigueur de la saison, lessorties continuelles de la garnison, la vigilance infatigable du Duc de Gui-m > & sa grande capacité peur la guerre rendirent tous les efforts de Char-
00 Lès mêmes. (d) De Thou L, XI. Mezcray, Daniel 1.
(D Belcnr. L? Gendre.
<o sf* Th ™ L. X. Daniel T. XI. p.
Tome XXXI.
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(ej Les mêmes.
(f) Mezcray & al.