82 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section lequint inutiles. Ainsi après avoir été deux mois devant la Place, pendantJX. lesquels son Armée étole diminuée d’un tiers, il ne jugea pas à propos de'Rohikla hazarder un a ^ aut , quoiqu’il y eût plusieurs brèches ; au contraire, volantMaison "de la mortalité dans son camp augmenter tous les jours, & ses Troupes enValois, mauvais état, il sut contraint de décamper ( a ). Le Duc de Guise auroit
-pu faire périr une partie de ses Troupes dans leur retraite, mais il les sit
au contraire loger dans les villages & soigner dans les Hôpitaux de la fa-çon la plus généreuse, ne voulant pas après avoir triomphé d’une ArméeImpériale se souiller du sang de gens malades & mourans. Mais la villede Metz, qui est demeurée depuis ce tems-là à la France, n’a jamais re-pris son ancienne splendeur; pareeque pour la défendre, le Duc de Guisefut obligé de détruire plus de trente Eglises en dedans & dehors la ville.Dans quelques-unes étoient les tombeaux de plusieurs Rois de la RacíCariovingienne, dont on transporta proceíìionnellemenc les os dans laville.
L’Empe- La délivrance de Metz fut célébrée avec toutes les marques possibles denur prend joie (b) ; rien de plus naturel, mais on auroit dû en même tems penser6? rase Te- à la campagne prochaine. L’Empereur avoit été repoussé avec perte ;louene, £? ma j S Çharlequint n’étoit pas homme à perdre courage si aisément. IIlìelhu dS recruta son Armée avec une diligence incroyable ; ensorte qu’au Printems1553. le Comte de Rœux mit le siégé devant Terouenne. Cette Place étoitforte , mais mal pourvue de garnison & de munitions de guerre. L’Ar-mée Françoise ne put se mettre en campagne qu’au mois de Juin; maisAndré de Montalabert, Seigneur d’Essé, qui s’étoit distingué en Ecosse,& qui fous le régné précédent avoit sauvé la France en défendant Landre-ci, eut ordre de íè jetter dans Terouenne, ce qu’il fit avec une poignéede braves gens. II la défendit avec ce courage qu’on attendoit, & soutintun assaut de plusieurs heures, mais malheureusement il fut tué (c). Fran-çois de Montmorenci, fils du Connétable, prit le commandement, maissurpris par l’effet d’une mine,il demanda à capituler,pendant qu’on réglaitles articles de la capitulation, les Allemands & les Flamans forcerent labrèche, & firent main basse fur tout ce qui fe présenta à eux, fans distinc-tion ni de sexe ni d âge ; les Espagnols sauvèrent néanmoins les princi-paux Officiers ; mais f Empereur fit renverser la ville de fond en com-ble, desorte qu’à peine en reste-1-il quelques vestiges (d). Le Comte deRœux étant mort, le commandement de l’Armée Impériale fut donné àCésar Ponce de Lalain, Seigneur de Bénicour; mais l’Empereur jugeant<ju’il feroit.plus avantageux qu’il y eût un Général d’un rang plus distingué,nomma Emanuel - Philibert Prince de Piémont ( c ). II entreprit le siégé deHedin, où le Maréchal de la Mark, gendre de Diane de Poitiers, com-mandoit. Horace Farnese Duc de Castro, qui venoit d’épouser Diane fillenaturelle du Roi, s’y jecta avec plusieurs Seigneurs. Cela n’empêcha pasle Prince de Piémont d’attaquer la Place si vigoureusement, que le Maré-
(V) De Thou à Daniel I. c. L. XII.
(J) Daniel , Chdlons & al, (dj Daniel 1 . c. p. 97, 98. De Thsu L c.
(í) Annal, de France, Strada , De Thon CO Ces induits.
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