84 HISTOIRE DÉ FRANCE. Liv. XXIII.
'Section négociation. Ce qui contribuoit principalçment à rendre l’Empereur sin }^' fier, ce fut la conclusion du mariage de Philippe son fils avec Marie Reinelìoîs'ikla d’Angleterre, malgré tous les efforts de la France, & l’éloignement desMaison de Anglois pour cette alliance, Le Roi ne laiíla pas d’envoyer M. de Noail-valois. les, qui avoit travaillé à exclurre cette Princesse du trône, pour lui faire
--— des complimens fur son mariage (a). Le Cardinal Pôle, en passant parla
France, déploya toute son éloquence très - sincèrement pour adoucir lesesprits, mais ce fut fans succès, quelque estime que le/Roi lui témoignâtpersonnellement. Le souvenir de ce qui étoit arrivé Tannée précédente,engagea Henri à être non seulement en garde contre une surprise, maisà prévenir l’Empereur. Aiant assemblé en divers endroits soixante millehommes , il entra dans les Pays-Bas avec trois Armées. La premierecommandée par le Connétable fous lui, l’autre par le Duc de Vendôme, &la troisième par le Maréchal de Saint-André (b). Le Connétable aiantdonné le change aux Généraux de l’Empereur, alla investir Marietnbourg,nouvelle ville à laquelle Marie Reine de Hongrie avoit donné son nom.Les deux autres Années le joignirent ; comme la Place étoit mal - pourvue,le Gouverneur & les Officiers furent faits, prisonniers de guerre. Le Roifut si content de cette conquête, qu’il résolut de la garder, & non seule-ment il y mit garnison, mais pour en faciliter la correspondance avec laFrance, il fit fortifier Rocroi (c). An commencement de Juillet, le Roiprit Bouvines d’assaut, & le Duc de Vendôme s’empara de Dînant, doncun Capitaine Espagnol défendit vaillamment le Château.bataille de L’Empereur s’étant mis à la tête de son Armée , le Roi qui souhaitoicIleati. de sen/rager a une bataille, ravagea tout le Pays, & rasa Maubeuge, Bavai,Binch & Marìemont. Binch étoit une petite ville avec un beau Château,& Mariemont une Maison de plaisance de la Reine de Hongrie. Le Roiy mit le feu, de même qu’au Château de Rœux, pour se venger des hor-ribles dégâts que ie Comte de Rœux avoit faits par ordre de la Reine, «Scsurtout pour avoir brûlé la Maison Royale de Folembrai (d). II y avoit une.haine personnelle entre Henri & Marie, pour certaines chansons offensan-tes , ce qui donna lieu à ces violences inhumaines. Quelque désagréableque fût pour l’Empereur une guerre qui se fesoit de cette maniéré à laquelleil n’avoit que trop donné lieu, il ne put cependant être engagé à une ac-tion. Le Roi, aiant fait le degat dans le Cambresis, traversa l’Artois,& alla assiéger vers la fin de Juillet Renti. Ce n’étoit qu’un Château,mais très-forc par fa situation,qui incommodoit fort le Boulonois (e). Char-iequint, qui avoit fous lui Philibert Duc de Savoye & Ferdinand de Gon-zague, marcha au secours de la Place, & vint camper si près de l’ArméeFrançoise, que les deux Camps n’étoient séparés que par une vallée assezétroite. Le 13 d’Août la bataille se donna. Le Roi s’y distingua à la têtedes Suisses, «St le Duc de Guise, le Héros des Historiens François, contri-
(n) Daniel 1 . c. p. n 6.(b) De Thou L, XIH.Mezeny.
4,) Mener ay.
Godwhî Annal. (d) Le même , De Tkpu I. c. Daniel bDaniel p. u a, c. p n 9.
O) Les mêmes,