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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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io4 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section animoient la Cour à commettre ces cruautés, décréditoient leur cause infiní-IX. nement plus, que l’aiitorité de la Cour ne pouvoit y donner de poids. L’A-Rois^la lnimî & ses freres étoient Protestans déclarés ; le Roi de Navarre & leMaifm de Prince de Condé son frere avoient du penchant pour la Réligion Réformée.Valois. II se tint une assemblée à Nantes où il se trouva cent-cinquante Députés--des Réformés de différentes Provinces. Ils y prirent la résolution de re-pousser la force par la force, comme la seule ressource qui leur restoit,c’est-à'dire de prendre les armes pour leur défense uniquement ; ils élurentpour Chef muet le Prince de Condé, à fous son autorité Jean du Bari Sei-gneur de la Renaudie (a). C’étok de l’avea de tous les Pliiîoriens un hom-me habile & vaillant ; mais on prétend qa’ii avoir fait quelques fausses dé-marches, qui auroient eu de fâcheuses fuites pour lui, si !e Duc de Guisene l’avoic tiré de peine. On aíligna aux Réformés des Chefs dans chaqueProvince pour lever des Soldats. La Renaudie fut envoyé en Angleterrepour solliciter la Reine Elizabeth d’appuier les Réformés, & de leur four-nir un secours d’argent. Ce qui le favorisa dans fa négociation fut l’impru-dence, ou pour mieux f ambition excessive des Guises. Non contens d’ëtreles maîtres absolus en France & en Ecosse, ils afpiroient encore à l’être enAngleterre, & par cette raison ils appuioient ses prétentions de leur niè-ce á cette couronne, & s’efforçoient d’opprimer les Réformés d’Ecosse,en forte qu’kiizabeth fut dans la nécessité de soutenir les mécontens de Fran-ce & d’Ecosse pour Ion propre intérêt (b).

Conjura- ' Les Réformés de France, instruits des scotimens de cette Princesse & detion d’Am• ceux à Princes d’Allemagne, résolurent de surprendre la Cour à B’ois,dekoife. p e p a pj r pu R 0 i L de Meilleurs de Guise, ou plutôt de se défaire de ceux-ci, & d’obliger le Roi de déclarer ìe Prince de Condé Lieutenant-Géné-ral du Royaume, en un mot de changer absolument la face des affaires (c).On fixa le 15 de Mars pour f exécution; leurs Troupes dévoient défilervers Blois fans éclat, sous les Cheík de chaque Province, & peu à peu.L’affaíre fut conduite avec un si profond secret, que la Cour n’en fut bieninstruite, que lorsque la Renaudie en fit confidence à Pierre Avenelles Avo-cat de Paris, chez qui ii logeoit. A venelles, foie par crainte, soit parquelque autre motif en donna avis á la Cour (cl). La chose parut si extraor-dinaire , qu’on eut bien de la peine d’abord à la croire. Cependant les Gui-ses jugèrent à-propos de pourvoir à la fureté du Roi & á la leur propre.Le Duc de Guise sc fit confirmer le titre de Lieutenant Général du Ro-yaume , & la Cour alla le loger au Château d’Amboisc (<?). Les Conjurés-en furent instruits, mais se trouvant trop engagés, ils résolurent de pous-ser leur pointe, (fautant plus que le Prince de Condé étoit à la Cour, &qu’il y avoit encore plusieurs autres personnes, des bonnes intentions def-quelles ils croioient avoir raison d’être persuadés. Les deux Partis sem-

bloient

{a) De Thou L. XXIV. Mezeray T. V. (d ) Le même p. 353, Mezeray I. c. De

p. in. 18 Thou ubi lup.

I>) Daniel 1 - c. p. 350 . {e) Les mêmes.

(.c) Le même p. 352.