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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 105bloient ainsi s’accorder à mettre le Roi à une épreuve, qui devoit jetter Sectionf Etat dans de grands troubles. n L ^-

Le Duc de Guise prévit que le respect pour le nom du Roi, & sa pro- R l™ te d r e s lftpre autorité suffiroient pour assembler assez de Troupes, pour défaire ceux Maison dequi étoient de I’entreprise. Sa fermeté, son infatigable diligence & sà ca- Valois,pacité pour la guerre firent que l’affaire se termina comme il l’avoit pen- —~—sé. Le Comte de Sancerre défit les Troupes de Béarn. Le Duc de Ne-mours surprit le Baron de Castelnau, & le fit prisonnier avec ses princi* „u'on com .paux Officiers. Pardaillan fondit fur la Renaudie dans les bois; les deux met. LtChefs aiant couru l’un fur l’autre, la Renaudie perça Pardaillan de deux Prince decoups d’épée ; lui-même reçut alors un coup d’arquebufe à travers du corps Con J.Ì ^qu’un Page de Pardaillan lui tira; il eut cependant encore assez de force ^pour tuer le Page de fa main. Son corps fut porté à Amboise ôc pendu àun gibet, ensuite il fut mis en quartiers. Trois des Chefs qui s’écoientrendus, furent mis à la question, & eníiiite exécutes en présence de laReine - Mere & des Dames de la Cour. Un d’eux, qui s’appelloit Ville-mongey, aiant trempé ses mains dans le sang d'un de ses compagnons,les leva au Ciel, en criant, Seigneur venge notre cause! Près dé douze-censfurent pendus, noyés ou décapités ; les rues d’Amboise ruisseloient desang. Le vieux Chancelier Olivier, après avoir fait tous ses efforts pourqu’on en usât avec plus de douceur, mourut de douleur à la vue de tantde sang ( a ). La Ligne, Secretaire de la Renaudie, fut appliqué à la ques-tion, pour Tobliger d’accuser le Prince de Condé, qui fut mis en arrêt,-tout ce qu’on put tirer de lui fut, qu’il avoit oui dire, que le Princefavorisent {'entreprise. Le Prince aiant demandé de se justifier devant leConseil, le fit avec beaucoup de fermeté & d’éloquence, & finit en disantque comme il n’y avoit que des soupçons & des insinuations contre lui,il ne lui restoit qu’un moyen de prouver son innocence, qui étoit d’offrirle combat à quiconque le chargeroit. Le Duc de Guise, volant {'impres-sion que le discours du Prince avoit fait fur le Conseil, dit qu’il connois-soit si parfaitement la franchise & la générosité du Prince, qu’il étoit prêtà lui servir de second (b). C’étoit là une suite de la résolution prise dedissimuler ce qu’on savoit, pour empêcher Je Prince de se mettre d’abordouvertement à la tête des Protestans, si on l’épargnoit, ou de porter leRoi de Navarre, {'Amiral & ses freres de le faire, si on oioit la vie auPrince. Le Prince le sentit fort bien, desorte que malgré la feinte récon-ciliation que l'offre du Duc de Guise produisit, il alla joindre le Roi deNavarre en Béarn, aussitôt qu’il se vit en liberté (c).

On n’avoit pas besoin d’une grande pénétration pour prévoir, que ce On tâchequi s’étoit passé , au lieu d’appaìser les troubles , pouvoit en exciter de d’accordernouveaux. On eut donc recours à la ruse pour achever ce qu’on avoitcommencé par ia force. On envoya la relation de ce qui s’étoit passé àAmboise au Connétable, en le chargeant de la part du Roi de la porter au

í a ? Mvseray , De Thou I. C.Q) Mcziray & Daniel 1 . c. p.

Tome XXXI. -

36z.

(c) Daniel ubi swp.

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