io6 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Sëctton Parlement ; il s’acquitta de fa commission & donna de grands éloges anIX. Duc de Guise, mais il passa fous silence, ce qu’i! y avoir de plus essentielDerniers dans la relation qu’on lui avoir envoyée, savoir qu’on en vouloir à la per-
^i is r de sonne da Roi, sachant bien le contraire. Le Parlement écrivit au Roi A
Valois*. e nu Duc de Guise, auquel il donna dans fa Lettre le glorieux titre de C onfer-
—- vaieur de la Pairie ( a ). On envoya de semblables relations par tout le
Royaume, & le Roi écrivit au Roi de Navarre, & à f Amiral de Coligni,pour les prier d’empêcher les tumultes & de maintenir la tranquillité; ilenvoya même f Amiral cn Normandie. La Reine-Mere conjura ce Seigneurde faire ce que le Roi attendoit de lui, <Sc de lui écrire avec liberté fessentimens touchant l’écat présent des affaires. II le fit avec beaucoup defranchise, & lui marqua que la tranquillité de l’Etat dépendoit de deuxchoses. La premiere d’éloigner de la Cour Messieurs de Guise, & la se-conde d’accorder la liberté de conscience; qu’il failoit quelle se renditmaîtresse unique des affaires, & qu’ensuice sa prudence lui'feroit trouverles moyens de maintenir le calme dans le Royaume (b), Catherine goûtace conseil, mais il lui étoit impossible de le suivre dans la situationprésente des-affaires. Michel de l'Hôpital, fils du Médecin du Connétablede Bourbon , fut élevé par fa faveur à la dignité de Chancelier. II contri-bua à l’Edit de Romorentin, qui réservoir aux Evêques la connoissancedu crime d’héresie, & donnoit aux Juges subalternes le droit de condam-ner les coupables à la mort, fans appel; il ne prit dit-on ce parti que pourempêcher qu’on n’établit l’Inquisition (c). Ce fut principalement parson avis qu'on prit la résolution d’aíîèmbler les Princes du Sang, les prin-cipaux Seigneurs, les Ministres & des Evêques, & c’est cette Assem-blée qu’on appella l’Assemblée des Notables, qui fut convoquée à Fontai-nebleau pour le mois d’Août (d). Vers le même tems on 6t un Traitéavec la Reine Elizabeth,par lequel on convint, que la Reine Marie renon-ceroit à toutes fes prétentions à la Couronne d’Angleterre & qu’il y auroicliberté de conscience pour les Protestans en Ecosse. La mort de la Reine.Douairière avoit dérangé fort les projets des Guises; comme c’étoit unePrincesse sage & modérée, quoique fort attachée à la Religion Romaine,elle n’auroit jatnais consenti à des choses préjudiciables à l’autorité de laReine fa fille (e),
iTmìU Quand la Cour partit pour Fontainebleau, les Guises créerent une nou-dìsNotl- velle Garde sous prétexte de pourvoir à la fureté de la personne du Roi,blés où l’on mais autant pour la leur propre , composée de deux-cens Arquebusieurs àrésout de cheval; on en fie Capitaine Antoine du Pieffis - Richelieu, qui à l’excep-miv^uer ^oia d'un courage déterminé , avoit beaucoup de mauvaises & peu de bon-l Généraux. nés qualités. Le Connétable avec fes fils, ìk f Amiral avec les freres setrouvèrent à l’Assemblée, dont l’ouverture se fit le ai.d’Août. Le Roiassis fur son trône avoit à fes côtés les deux Reines, & les Princes fes fre-res; le Duc de Guise H le Cardinal de Lorraine’exposèrent ì’état des
(a) De Tìwu L. XXV. Mezeray T. V. (c) De Thou I. c. Daniel p. Z67.p. 22. Daniel'T. XI. p. 364. (d) Lesfmêmes.
(J>) Me:u. de Cafielnau L. I. Ch. u. {e) Dupleix.