HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. io7
Troupes & celui des Finances (d). A la seconde séance, l’Amiral présenta au SectiosR oi une requête en faveur des Réformés, à qui oncommençoit à donner le Ix -
nom de Huguenots. Le Duc de Guise & le Cardinal de Lorraine invecti- R^ l, Js s laverent vivement contre la requête ; mais elle fut fortement appuiée par Maìjm deMontluc Evêque de Valence, & Charles de Marillac Archevêque deVienne, Valois,qui s’expliquerent de la façon la plus forte contre l’ignorance& la corrup- ‘
t ion des Ecclésiastiques, insistèrent fur la convocation d’un Concile Na-tional pour terminer les disputes de Religion , & dirent que puisque laflamme se montroit de toutes parts, il y auroit de la foiblesse à attendre deRome dequoi l’éteindre, tandis qu’on étoit à portée de le faire. Enfinon résolut d’assembler les Etats Généraux, &, de suspendre en attendant lespoursuites contre les Réformés (b). La Cour consentit á sAssemblée desEtats, dans l’espérance d’attirer tous les chefs des mécontens dans un mê-me lieu, & de les saisir tous à la fois. Dans cette vue les Guises travail-lèrent avec tout le secret possible à se rendre les plus forts, & au lieu queles Etats avoient d’abord été assignés à Meaux, on nomma -Orléans. Dansces entrefaites les Partisans du Prince de Coudé entreprirent de surprendreLyon; ils échouèrent, parceque le Roi de Navarre, instruit de l’affaire,envoya un contre-ordre; on blâme son irrésolution, mais au fond il paroitqu’il n’avoit pas deílein de se révolter. Tel étoit le triste état des chosesen France n
Pendant que toute la Nation étoit en suspens, & que ceux qui avoientle bien de l’Etat à cœur, concevoient de grandes espérances que les Etats Le Princeprendroient des mesures efficaces pour la réforme de tous les abus, & pour dc Condé t ,calmer la violente fermentation que les querelles civiles & religieuses avoient c ^ t am ^ £excitée, les Guises suivoient toujours leur plan. Ils prirent des mesures RoideNa-pour maintenir la tranquillité dans les Provinces, menerent le Roi à Or- varre mïéans avec fa nouvelle Garde, & firent filer fous divers prétextes beaucoup 8 rand à-de Troupes dans les environs & en firent entrer dans la ville. Au com * ser 'mencement d’Octobre le Roi écrivit au Roi de Navarre une Lettre, parlaquelle il lui ordonnoit de se rendre aux Etats & d’y amener le Prince deCondé ; ce dont ni l’un ni l’autre n'avoient envie (c). On leur envoya en-suite le Maréchal de Saint-André, pour les presser, & il leur engagea laparole du Roi qu’ils seroient en fureté. Le Cardinal de Bourbon leur frere,homme de probité & sans défiance, joignit ses sollicitations à celles du Ma-réchal; & si l’on en croît les Mémoires du tems, on gagna par des pré-sens les Maîtresses du Roi & du Prince, pour seconder les autres. Ilsse déterminèrent donc enfin d’aller à Orléans, nonobstant tout ce quepurent faire les vrais amis de la Maison de Navarre , _ pour faire sentirau Roi de Navarre & au Prince le risque qu’ils couroient (d). La Prin-cesse vint à leur rencontre , & conjura son mari de ne pas aller plusavant. Les principaux Seigneurs & Gentilshommes Huguenots presserent
(a) De Thou 1 . c. Daniel I. c. p. 378.(20 Mezeray 1. c. p. 26. Daniel p. 386.JThou .
S CaJlelmu, la Popeiinkre.-, j Mezeray ubi sup. p. 29. Daniel p.307 ,' 398 .
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