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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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SacTios

IX.

DerniersRois de laMaison deValois.

Prise deRouen Umort úu RoiHcNavarre.

Bataille deDreux.

I

112 HISTOIRE DE FRANCE Lrv. XXIII.

étoient des Calvinistes obstinés, également ennemis des Catholiques & desLuthériens; desorte qu’il gagna le Duc (a). Le Duc de Guise s’en retour-nant à Paris passa par la petite ville de Valst,- ceux de fa fuite insultèrentles Huguenots, qui fefoienc leurs dévotions dans une grange, on fe dit desinjures, & des injures on en vint aux coups. II est vrai qu’on assure quele Duc fit tous ses efforts pour faire cesser le combat, où lui-même fut bles-sé d’un coup de pierre au visage ; il y eut plus de soixante Huguenots detués; L cela donna lieu à la premiere guerre civile (b). Les Triumvirs &le Roi de Navarre prévinrent le Prince de Condé & l’Amiral, & surpri-rent la Reine-Mere& le Roi, qu’ilsconduisirent de Fontainebleau à Paris(c). Les Huguenots s’emparerent d’Orléans, de Bourges, de Lyon, deTours, d’Angers , d’Angoulême , de Rouen, de Dieppe, du Havre deGrâce & de plusieurs autres villes. Aiant conclu un Traité avec la ReineEìizabeth, ils lui remirent le Havre de Grâce pour place de fureté, en con-sidération du secours d'hommes & d’argent quelle promit ( d ).

D’autre part, le Maréchal de Saint-André passa avec des Troupes enPoitou, où il reprit Poitiers. Le Roi de Navarre, en qualité de Lieute-nant-Général du Royaume fe mit auffi en campagne, aiant fous lui le Con-nétable & le Duc de Guise. Après avoir pris Bourges, il alla mettre lesiégé devant Rouen vers la fin de Septembre. Le z 5 d’Octobre, le Roifut blessé en visitant la tranchée, & mourut un mois après de fa blessure;elle n’empêcha pas que la ville ne fût emportée d’assaut & pillée, L cePrince y fit son entrée dans son lit par la brèche ( e ).

La perte de Rouen détermina le Prince de Condé à marcher vers la Nor-mandie, & le 19 de Décembre les deux Armées en vinrent aux mains pro-che de Dreux. Celle du Prince étoit de quatre mille chevaux, & de huitmille hommes d’Infanterie. L’Amiral commandoit savant garde, le Princeétoit au centre, & Dandelot au corps de réserve. L’Armée des Trium-virs consistoit en trois mille chevaux & treize mille hommes de pìé. LeMaréchal de Saint-André commandoit la premiere ligne, le Connétable laseconde, & le Duc de Guise & ses amis, avec l’élite de l'Armée la troi-sième. Le Connétable, qui afpiroit à avoir seul l’honneur de la victoi-re , chargea avec tant de précipitation, que n’étant pas soutenu à tems parles deux autres lignes, il fut défait, blessé & pris. Les Huguenots s’é-tant mis à piller, le Duc de Guise s’avança & fondit fur eux avec tant defurie, qu’ils furent bientôt mis en déroute, & que le Prince de Condé futblessé & fait prisonnier. Le Maréchal de Saint-André aiant poussé troploin fut enveloppé Ck tué par Baubigni, des biens duquel il avoit obtenula confiscation (/). L’Amiral lé retira avec la Cavalerie & les débris del'Armée du Prince d’une façon qui lui sit beaucoup d’honneur. Les Trium-virs resterent maîtres du champ de bataille, mais la perte de leur côté futla plus considérable.

Lc-

(a) Cafielnau 1. c. Ch. 10 .

fjì) De Thou 1. c. Cafielnau L. III. Ch. 7 .

(D Les mômes, Daniel r. 464, 4C5,

(,i) Daniel p. 4P<S-

(e) Cafielnau ubi sup. Ch. IZ-

Deihou L. XXXIV. Daniel p. §26.

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