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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIÏÏ. II3

Le Duc de Guise se trouva alors aussi puissant, qu’il l’avoit été fous le Sectiohrégné précédent ; car la Reine-Mere, qui avoit paru favoriser les Hugue- ix.nots, avoit perdu beaucoup de son autorité, & sans la modération du Roi Deniersde Navarre elle auroit perdu la vie, aiant entendu elle-même dire au Ma- àà ^réchal de Saint-André, dans une de leurs conférences, que les affaires Valois. *

n’iroient jamais bien, qu’on ne l’eut jettée dans la riviere. Pendant ces -- —

combats pour l’autorité, ce qui étoit au fond le vrai sujet de la guerre, s j e S ed ‘ 0r -l’intérêt du Royaume souffrit. Le Duc de Savoye se fit rendre la plupartdes Places que les François tenoient encore en Piémont,- & l’Empereur Guise Udemanda la restitution de Metz, Toul & Verdun, & il auroit pu repren- premkredre ces Places, s’il ne s’étoit laissé amuser par un Traité de mariage. Le l >uix avecDuc de Guise, qui voioit tout cela avec chagrin, résolut de finir la guerre les . Ré f or ‘le plus promptement qu’il seroit possible, & dans cette vue il assiégea Or-léans; ce fut pendant le siégé que le 9 de Fevrier Poltrot de Merey le bles-sa d’un coup de pistolet par derriere (a), blessure dont il mourut. Pol-trot aiant été pris fut interrogé, il chargea l’Amiral, Théodore de Beze& quelques autres, ensuite il les déchargea, en un mot il varia continuel-lement (b). On l’envoya à Paris où il fut tiré à quatre chevaux. LaReine fit venir le Maréchal de Brissac pour continuer le siégé d’Orléans,mais travailla en même tems à faire la paix ; dans ce dessein elle fit te-nir une conférence entre le Prince de Condé & le Connétable, qui ne«'accordant point, elle s’en mêla & la paix fut conclue à ces conditions,que les Huguenots poseroient les armes , & rendroient les villes qu’ilsavoient prises, qu’ils renonceraient à leur Traité avec l’Angleterre, &qu’on leur accordoit la liberté de conscience (c). Comme le grandpoint étoit de recouvrer le Havre de Grâce, on déclara la guerre àl’Angleterre , & le Prince de Condé, que la R eine avoit gagné en luipromettant de le faire Lieutenant - Général du Royaume, se signala au sié-gé du Havre. Le Comte de Warwick , qui commandoit dans la Place,trompé par une Lettre supposée, capitula le 28 de Juillet (d).

Le Roi entrant dans fa quatorzième année fut déclaré Majeur au Parle- Le Roi dament de Rouen; celui de Paris s’en plaignit, mais inutilement. Le Prin- claré ma,ce de Condé pressa la Reine de lui tenir parole, & les Huguenots lâche- i eur & c -rent des traits contre fa conduite qui n’étoit pas trop régulière, cela fitque par dépit elle parut fort zelée Catholique, après avoir un an aupara-vant approuvé assez la doctrine des Protestans, dans une Lettre au PapePie IV. (e). La veuve & les enfans du Duc de Guise demanderent justiceau Roi des auteurs de fa mort, contre Tordre qu’il leur avoit donné avantque de mourir, aiant pardonné à tous ceux qui avoient eu part à fa mort,

& recommandé fortement d'étouffer tout esprit de Parti. L’Amiral pro-testa toujours de son innocence & le Roi se réserva la connoissance de cetteaffaire. Le dernier jour de l’année mourut le Maréchal de Brissac, un desplus vaillans & des plus habiles Capitaines de France (/).

00 Caflelnau L. IV. Ch. lo. Dt Thon (d) Daniel 1 . c. p. 564.

,,XXXlV. & al. O) DeThou, Caflelnau &. Û.

(b) De Thmi 1. c . C/) Les mêmes.

(e) Caflelnau I. c . Ch. 12 & al.

Tome XXXI. f