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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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114 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIÎ.

Section La Reine - Mere se voioit alors maîtresse absolue des affaires, mais i!

IX. falîoit dans les conjonctures présentes beaucoup de capacité pour les bieni llh’dela conduire: Le Pape, le Roi d’Espagne & le Duc de Savoye envoyerent desMaison de Ambassadeurs en France , pour solliciter des affaires qui les intéressoient.Valois. Le premier souhaitoit de faire recevoir les décrets du Concile de Trente,

--;— & comptoit beaucoup fur le crédit du Cardinal de Lorraine ; mais le Par-

a? Reitte lement déclara, que pour ce qui regardoit les dogmes, il failoit s’en te-verneifes ' n ”" aux décisions du Concile, mais nullement pour la discipline, parce-dangereux qu’elles étoient contraires aux Libertés de l’Ëglise Gallicane, & auxprojets. Edits de pacification. La négociation avec l’Angleterre , commencéeJ5<>4' après le siégé du Havre de Grâce, continuoit toujours, & on conclutenfin une paix, dont les deux Royaumes avoient également besoin. LaReine, sous prétexte de visiter les Provinces, mena le Roi de lieu enlieu & à la fin en Lorraine, où elle avoit dessein de s’aboucher avecle Roi des Romains, mais cette entrevue n'eu t pas lieu , principale-ment par les intrigues du Roi d’Espagne. La Cour alla ensuite en Bour-gogne , & de là à Lyon, où le Roi ordonna de bâtir une Citadelle. LesCatholiques étoient inquiets & avoient envie de reprendre les armes parles intrigues des émissaires d’Espagne & de la Maison de. Guise ; mais laReine affectoit , car véritablement ce n’étoit qu’affectation , beaucoupd’équité & de modération. Cependant lorsqu’eile fut à Rouíîìllon, Maisondes Comtes de Tournon dans le Dauphine, elle y donna un Edit au nomdu Roi, qui modéroit beaucoup la liberté des Huguenots, & défendoitles Prêches à dix lieues à la ronde de l’endroit où la Cour se trouveroicf a). Dans le même tems , on fixa le commencement de Tannée au pre-mier de Janvier,au lieu qu’elle commençoit à Pâques; on fit quelques au-tres ordonnances en apparence pour le bien public, mais qui tendoient aufond à faciliter le projet de la Reine, de ménager la ruine des Protestons,fans mettre son autorité en danger. Elle trouva moyen encore de renou-veller Talliance entre la France & les Cantons Suisses, malgré tout ce quePhilippe II. fit pour Tempêcher. Elle se lia aussi en apparence davantage• avec T Angleterre.

h Cardi■ Le Roi passa l’hiver en Provence & en Languedoc, aiant avec lui lend de Ler- jeune Duc de Guise, & la plupart des Chefs des Catholiques, qui paroís-raine est m- foi mt g tre fort en saveur. En ce tems il arriva un incident à Paris, quijuité à Pa- p en p a ra ]i urn er la guerre. Le Cardinal de Lorraine, étant arrivé dans letU ' voisinage de cette ville, avec une grande fuite de gens bien armés, voulutvenir à Paris dans le même équipage. Le Maréchal de Montmorenci »Gouverneur de l’Iíle de France, Je fit prier de n en rien faire. Le Car-dinal ne laissa pas d’y venir avec son équipage guerrier, il rencontra leMaréchal à la tête d’une grosse Troupe de Soldats , qui désarmèrent lesgens de fa fuite, & un de ses domestiques, aiant fait résistance, fut tuéfur la place. Les deux Parties porterent leurs plaintes à la Cour, & com*mencoient même à assembler leurs amis, mais le Roi n’aiant décidé en fa-veur de personne , Taffaire en demeura-là (b).

(a) Daniel T. XII. p. 53> {pj Cajlelmu L. VI. Ch, 2. Daniel 1. c. p. 55» Z6-