HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. II5
Après avoir passé à Bourdeaux, la Cour se rendit à Baionne, où la SectionR eine eut une entrevue avec la Reine d’Efpagne sa fille & avec le Duc ix.d’Albe («). On prit toutes les précautions possibles pour tenir secret ce ^ nier *qui se passa dans ces conférences ; mais ces précautions mêmes, & cet air ^de mystère prouvoiênt assez que la Reine n’agissoit pas de bonne foi en Valois. 6
vers les Réformés, & avoit toujours de l’inclination à faire une ligue..
pour les perdre, & l’événement ne justifia que trop les conjectures qu’on Conférencesfit. Après cette entrevue le Roi alla en Béarn, où la Reine de Navarre á f ^ aion . nefut obligée de rendre aux Catholiques leurs Eglises, Sc de consentir que lesMagistrats des villes fussent'mi-partis, bien que le plus grand nombre defl anse flré-ses sujets fût Réformé. En s’en retournant à Paris, le Roi en fit de me- /à.me en d’autres Provinces (b).
Au commencement de Tannée suivante, la Cour convoqua à Moulins Ordonnan-en Bourbonnois les Députés des Parlemens & des autres Cours supérieu- c f <le Mou-res de France, afin de prendre des mesures efficaces pour le rétablisse- lins -ment de la Justice. Cela produisit la fameuse Ordonnance de Moulins, 15en quatrevingt-six articles (c). Ce fut là un fruit de la Politique du Chan-celier ; ce Ministre volant qu’on n’écoutoit gueres ses avis fur les affairesd’Etat,s’appliqua d’une façon particulière à celles de fa profession j& tour-nant toutes ses vues du côté du bien public, il fit faire dans ces tems detrouble fous ce régné plus de Loix avantageuses Sc utiles, qu’on n’en a-voit jamais fait fous aucun autre ; la maniéré dont elles font conçuesprouve la droiture de son cœur , & celle dont elles font couchées fagrande capacité, son grand savoir , & son éloquence. Ce fut à Mou-lins qu’on travailla à la réconciliation du Cardinal de Lorraine avec le Ma-réchal de Montmorenci, Sc de T Amiral avec la Maison de Guise, on yréussit en apparence, mais fans qu’il en résultât rien de bon ; & malgrétous les beaux dehors chacun conserva une haine sécrété, Sc la réso-lution de la satisfaire à la premiere occasion (d).
La dissimulation regnoit partout. Le Roi d’Espagne tâchoit de per- jr „ intrl .suader à la Cour de France , que son grand bút étoit Textinction de gués de lal’Hérésie; & qu’à cet égard il vouloit agir de concert avec elle, tandi- Reine- avecqu’il travailloit en même tems en Allemagne , en Italie Sc en Suisse à * ^ 'JP a S nediminuer Tinfluence & le crédit de la France, & traversoit les négocia- Zí'v^lfe^lions que la Reine y fesoit. D’autre part cette Princesse, qui ne Tig- guerre «•noroît pas, feignoit d’avoir de grands ombrages de la conduite de Phi- vàlippe II. Sc s’en expliquoìt au Prince de Condé Sc à T Amiral, mais elleavoit toute autre chose dans i’esprit ; & se croiant en état de feindreavec Philippe, comme il fesoit avec elle, elle prit la résolution de profi-ter de son secours pour perdre les Reformés. Mais comme Targent estle nerf de toutes les grandes entreprises, elle s’appliqua à regler les fi-nances & fit quantité de réformes. Elle cassa , contre l’avis des plus
W Mezeray T. V. p. 88- Daniel ubiwp 57.
(Z>) Daniel I, • c, p. 58- Caflelmuh - VI.
vh, I»
(c) De Thou L. XL. Mezeray 1 . c. p. 90& aï.
(.d) Castelnau I. c. Ch. 2. Davila L. M*Daniel 1. c. p. 59,
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