n6 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section .zélés Catholiques une bonne partie des Troupes, que le Roi avoir furD nú'en ' depuis les derniers troubles , moins encore pour épargner , queRohàeìa P our tromper le Prince de Condé & les Réformés (st). En conséquenceMaison dt de certe noire Politique, elle envoya un Ecclésiastique à la Cour d’Espa-Valois. gne, pour faire entrer Philippe dans ses vues, afin qu’il ne prit aucun om-
-- brage des avis qu’il recevroit de son Ambassadeur en France, de la faveur
qn’elle témoignoit au Prince de Condé, quoiqu’il conseillât ouvertement,d’être en garde contre les desseins des Espagnols en Italie, & de lever uneArmée pour veiller fur les mouvemens du Duc d’Albe. Le Connétableaiant travaillé inutilement à se démettre de sa charge en faveur du Maré-chal de Montmorenci son fils, consentit à la proposition que lui fit le Prin-ce de Condé, de s’en démettre en fa faveur, ce qui chagrina fort la Cour.La Reine trouva néanmoins un expédient pour empêcher le succès de ceprojet, elle engagea son fils Henri, Duc d’Anjou, à se déclarer le compé-titeur du Prince de Condé, ce qu’il fit avec tant de hauteur & de fierté,que le Prince en fut extrêmement mortifié (b). L’Amiral & son fretsDandelot pénétrèrent à la fin ces noires trames, & firent comprendre auPrince de Condé, que s’il étoit mal auprès du Roi & de son frere, il avoirencore plus à craindre de la Reine-Mere ; que tandis qu’elle feignoit d’en-trer dans ses scntimens à l’égard des desseins du Roi Catholique, & qu’elleavoir donné ordre de lever six mille Suisses, suivant son conseil, elle sedisposoit à seconder les projets de ce Monarque, en se servant de concertavec lui de ces Troupes contre les Protestans. Le Prince d’Orange lui don-na les mêmes avis ; & le Roi aiant témoigné du chagrin de ce que les Prin-ces d’Allemagne l’avoient sollicité en faveur des Réformés, & de ce queleurs Ministres avoient conféré avec le Prince, celui-ci fut convaincu qu’ilétoit depuis longtems la dupe de la Reine, & que lui & les Réformés n’a-voient d’autre ressource pour fe mettre en fureté, que de se mettre inces-samment en état de se défendre (c).
D ■ssein du La marche du Duc d’Albe vers les Pays-Bas, sembla inquietter extré-Prince de mement la Cour, & l’on forma un Camp volant en Bourgogne; tandis quer^Aminìidi^ véritable dessein de la Reine étoit d’agir de concert avec lui. On ref-surprendre seiroit de jour en jour les privilèges des Réformés, comme si l’on avoirla Cour à dessein de les pousser à prendre les armes, & de fournir par là à la CourMonceaux . un prétexte de les traiter auffi rigoureusement, que Je Duc d’Albe fefoicI56? ‘ leurs freres en Flandres. II y en a même qui prétendent qué, comme leDuc d’Albe ne fit mourir les Comtes d’Egmont & de Horn, qu’à cause deleur zele pour le maintien des privilèges de leur Patrie, la Reine avoir prisla ferme résolution de profiter de la premiere occasion pour faire arrêter lePrince de Condé & l’Amiral,de mettre le premier dans une étroite prison,& de se défaire de l’Amiral, Ce qu’il y a de certain, c’est que se Prin-ce ík l’Amiral se crurent dans un extrême danger, & formerent le har-di projet de surprendre, toute la famille Royale à Monceaux en Brie. Onexpédia secrètement des ordres aux Chefs du Parti d’assembler autant
(a) De Tltouy Castelmu h C. Daniel ubi (b) .fiimtomedansl’éloge d u Pr.de Condé.fup. p. 6o. (/) De Thou L. XL1I. Dmla L. IV..