HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. Xl , 7
d’hommes résolus qu’ils pourroient fous main, & de se rendre sans bruit SEeTicwun certain jour à Rosai, petite ville proche de Monceaux, où la Cour ix.n’avoit gueres de Troupes, bien que les Suisses, commandés par le Co-lonel Pfiffer ne fussent pas loin (a). Cette entreprise fut conduite avec Ma jión !s etant de secret, que sans un incident imprévu elle auroit réussi. Le Sieur Valois.
de Castelnau avoir été envoyé en Flandres pour complimenter le Duc d’Al--
be, peut-être même pour prendre quelques mesures avec lui contre les Ré-formés. En revenant il rencontra quelques Réformés, quialloient au ren-dez-vous, & il sut tirer d’eux le secret de l'entreprise ( b ). Quand il enfit rapport à la Cour, le Connétable traita la chose de chimere & de rêve;mais la Reine-Mere plus aisée à allarmer fit faire des perquisitions, qui nepermirent pas de douter de la vérité du fait. La Cour se retira avec pré-cipitation à Meaux, & les Suisses aiant reçu ordre de s’y rendre, y vinrenten diligence. Le 26 de Septembre le Prince de Condé, l’Amiral & leursAmis se trouvèrent en état d’assieger Meaux; & s’ils y avoient marchétout droit fans delai, & ne se fussent pas laissés amuser par le Maréchal deMontmorenci , ils auroient exécuté leur dessein. La Cour appréhendoitégalement & de rester à Meaux, & de se mettre en chemin pour gagnerParis, fans avoir de Cavalerie (c). On prit enfin le dernier parti fur laparole du Colonel Pfiffer, qui entreprit & exécuta cette retraite de dixlieues par un Pays ouvert, exposé continuellement aux attaques de la Ca-valerie ennemie, qui le harassa pendant tout le chemin ; le Roi, la Reine& les autres Dames étoient au centre des bataillons. Les Suisses reçurentpour ce service une paye extraordinaire, comme pour le gain d’unebataille (d).
Ce fut-là le commencement de la seconde guerre civile. Le Prince de Bataille dtCondé bien loin d’être déconcerté du mauvais succès de son entreprise, s’em- Sc. Denispara de Saint-Denis, & brûla vingt-quatre moulins, qui étoient hors des où ^ Conné-Faux bourgs de Paris (e). C’est un fait si extraordinaire & presque incro-yable, si tous les Historiens ne l’attestoient, que le Prince ait tenu cette ment ^lessé^Capitale bloquée pendant près de six Semaines avec moins de trois millehommes. Les Parisiens se trouvèrent si pressés, que leurs murmures &leurs plaintes lassèrent enfin la patience du Connétable, desorte qu’il sortitde la ville le 10 de Novembre pour attaquer les Réformés dans la plaine deSaint Denis. Son Armée étoit de trois mille Gendarmes & de seize millehommes d’Infanterie, & le Prince de Condé n’avoit que douze-cens hom-mes de pied , & quinze-cens chevaux. Mais bien loin de fuir, il com-mença le combat, qui dura trois heures ; il resta quelques centaines d’hom*mes de part & d’autres fur la place ; le champ de bataille resta aux Catho-liques , & les Réformés eurent tout l’honneur de cette journée, bien queleur perte fut la plus grande (/). Le Connétable aiant été abandonné deceux qui étoient autour de lui, fut mortellement blessé par Robert Stuarty
(a) Castelnau L. VI. Ch. 4.
VÒ '.e môme.
{I‘ ou I- c. Mezeray 1 . c. p,Srç. Daniel ubi s up . p , 8l & suiy>
(d) Daniel 1. c.
(ej Les mêmes.
(/) Mem. de Castelnau, De Tìm,Me-zeray.
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