Buch 
31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
Seite
123
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 123

pied & cent chevaux (a). Pendant tout ce tems-là, ia Rochelle étoit, Sectioncomme bloquée de tous côtés; óc à la fin de l’année les Réformés scm* ^ IX.bloient accablés, leurs forces étoiènt épuisées, & ils n’avoient aucune res-source apparente. _ Maison *

Dans cette fâcheuse situation, une circonstance les favorisoit, c’est qu’ils Valois,avoient à la tête de leurs conseils un petit nombre d’honnêtes gens, très- ;capables, qui n’avoient à cœur que le bien public, & n’ambitionnoientquede voir prospérer leur cause. La Reine de Navarre, au lieu d’accepterles formés rm-propositions avantageuses que lui fesoit, même alors, Catherine de Medi- portent.cis, se contenta de répondre en termes généraux, & d’entretenir la négo* I 5 ï adation. Sore , Pirate de Dieppe, qui commandoit plusieurs Vaisseaux auservice des Protestans, obligea ceux qui bloquoient le port de la Rochellepar mer de se retirer. M de la Noue, un des hommes les plus vaillans& les plus sages qu’il y eut parmi les Réformés, entreprit de les mettreplus au large: & après avoir pris plusieurs Places, il remporta un avantageconsidérable proche de Luçon ; par là il rétablit fort les affaires de sonParti , & lui facilita les moyens de faire des levées. Les deux jeunesPrinces de Béarn & de Condé entreprirent avec tout ce qu’ils purent as-sembler de Troupes une marche périlleuse , pour joindre le Comte deMontgommeri, qui commandoit dans les terres de la Reine de Navarre;ils en vinrent à bout, & par le pillage des environs de Toulouse ils appai-serent la Cavalerie Allemande, qui murmuroit de n’être point payée (b).

Ils auroient bien fait plus, & fe seroient vraisemblablement rendus maî-tres de Bourdeaux, fans le fameux Montluc ; par le moyen d’un moulinqu’il détacha, il rompit le pont qu’ils avoient fait fur la Garonne. Ils fu-rent donc obligés de faire retraite, qui ne fut pas moins pénible que leurmarche, & ils la firent avec la même ardeur & le même succès (c). IIfallut néanmoins avoir encore recours aux Princes d’Allemagne, & traver-ser toute la France avec le peu de Troupes qu’ils avoient, pour aller rece-voir le secours. L’Amiral l’entreprit malgré les inombrables difficultés qu’ily avoit à surmonter, & l’exécuta avec autant d’habileté que de succès. '

Le Maréchal de Cossé, qui commandoit l’Armée du Roi, au défaut duDuc d’Anjou qui étoit tombé malade, arrêta l’Amiral à Arnai-le-Duc enBourgogne. Dans le cours de ces expéditions , l'Armée des Réformésavoit fait une marche de douze - cens milles , pillé plus de cinquante petitesvilles, rançonné cent-cinquante, traversé sept ou huit Provinces, passédes rivières, pénétré par des forêts , & passé par des endroits que l’oncroyoit impraticables. Elle se trouvoit alors au milieu du Pays ennemi,n’étant que de quatre mille hommes, parmi lesquels il n’y avoit que douze-cens Fantassins, & elle avoit en tête une Armée de dix ou douze millehommes de bonnes Troupes, avec un train d’artillerie, tandis qu’elle n’a-v oit pas un seul canon. La conduite du Maréchal de Cossé a été blâmée,wais peut*être à tort. L’Amiral fe posta fur une colline, dont le pen-chant étoit coupé par des chemins creux, où les soldats étoient la plupart -

G) Mczcray , De Thou.\b) Daniel p. 238,

(0 Le même p. 239. De Thou ubi su P-