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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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IX.

DerniersRois de laMaison deValois.

Conclusionde la Paix.

Mariage de

Charles

IX.

124. HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXllï.

à l’abri du canon. Sa Cavalerie, composée de Gentilshommes & conduitepar les Princes, fit plier celle du Maréchal, mais ne la poursuivit point,afin de ne pas perdre le seul avantage que les Réformés avoient, qui étoitcelui du terrain (u). A la fin ils décampèrent , & n’aiant aucun em-barras de bagage ni de canon, ils firent une marche, qui sembloic mar-quer qu’ils avoient dessein de s'avancer vers Paris ; ce qui obligea leMaréchal de se rapprocher pour couvrir cette ville.

La Reine avoit toujours entretenu la négociation, & les Protestans mal-gré leur situation portoient fort haut leurs prétentions. Enfin elle ordonnaà ses Plénipotentiaires de signer la paix ; ce qu’ils firent à Saint - Germainen Laye le 8 d’Août (b). Les Articles au nombre de quarante-six étoientauffi favorables aux Réformés,qu’ils auroient pu les demander,S’ils avoientété victorieux dans les batailles, qu’ils avoient perdues. Les Edits donnésen leur faveur étoient confirmés, les autres révoqués ; ils étoient rétablisdans toutes leurs charges, emplois & dignités ; & on leur accordoit pen-dant deux ans pour places de fureté; la Rochelle, la Charité, Montauban,& Coignac. La premiere leur laissoit la mer libre pour recevoir les secoursd’Angleterre, en cas d’une nouvelle guerre ; la seconde étoit un passage-sur la Loire ; la troisième étoit sur les frontières du Languedoc & du Quer-ci; & la quatrième dans l’Angoumois, où ils étoienc plus forts que dansaucune autre Province. A peine la paix fut-elle signée que de part & d’au-tre on témoigna du mécontentement ; les Catholiques avec raison, & lesProtestans parcequ’ils avoient de la peine à la croire sincere. Le Roi paruttout autre qu’il n’avoit fait jusques alors. 11 ne manquoit certainement pasde talens pour le gouvernement & pour la guerre, quoique son éducation,ou plutôt le défaut d’éducation , sembloit ne le rendre propre ni à l’un nià l’autre. II commençoit à vouloir gouverner par lui-même, aiant plus devingt ans, & quoiqu’il fût fort emporté, & que dans la colere il jurât hor-riblement , il passoit pour n’être pas méchant. II voulut être regardé com-me auteur de la paix, donnant à entendre qu’il l’avoit faite malgré les op-positions de la Reine-Mere, des Espagnols & de la Maison de Guise. Ilenvoya le Maréchal de Cossé à la Rochelle pour régler tout ce qui étoit né-cessaire pour l’exécution du Traité; ses instructions étoient si claires, &son procédé fut si net, que l’Amiral, qui n’avoic pas eu occasion de con-noitre le Roi depuis son enfance, se fiata que les choses avoient pris unnouveau tour, puisque ce Prince vouloit gouverner par lui-même; & les-réponses de la Cour fur tout ce qu’on demanda sembloient confirmer ces-idées avantageuses (c).

La négociation pour le mariage du Roi, qui avoit trainé neuf ans, setermina enfin,& le 26 de Novembre il épousa à Mezieres Elizabeth d’Au-triche, fille de l’Empereur Maximilien,Princesse d’un rare mérite,qui dansla fleur de la jeunesse avoit la sagesse de l’âge mur, & qui conserva au mi-lieu d’une Cour voluptueuse, une pureté de mœurs, qui auroit fait hon-neur à une Maison Religieuse , & cela sans aucune affectation ni austérité

(a) Les mêmes. ,«>/. p. 247.

{J>) Mezeray, Dt Thon L. XLVII. Da- (c) Brantôme , Daniek