HISTOIRE DE FRANCE. Lîv. XXIII. i 2 $
- (a). La Faction Espagnole & les Guises ne savoient que penser du change- Sectionment arrivé dans les affaires, & ils furent encore plus inquiets du tour im- tx.prévu que prit une autre affaire, à laquelle ils avoient part. Don Sebas- ^n7c lstien Roi de Portugal avoir fait demander la Princesse Marguerite, sœur du Maison deRoi, qui avoir dix sept ans; le Ministre d’Espagne traversa ce mariage, la Valois.Maison de Guise s’imagina que c’étoit par complaisance pour elle, mais "ce fut véritablement par d’autres raisons. Le Roi fit paroitre qu’il avoirdessein de. marier fa sœur au Prince de Navarre, & aiant appris qu’il yavoir une intrigue pour lui faire épouser le Duc de Guise, pour lequelelle avoir de l’inclination, il fit appeller Henri d’Angoulême son frere na-turel , auquei il dit avec emportement, ,, Tiens voilà deux épées, il y en„ a une pour te tuer, si demain que j’irai à la chasse, tu ne tues le Duc,, de Guise de l’autre”. Le Duc de Guise, qui fut informé de la chose,connoissant la violence du Roi, épousa peu après une veuve ( b ).
II y avoit de l’apparence, que cette nouvelle face des affaires auroit af- Profondefermi la tranquillité & la puissance de la France, si Charles IX. n’avoit dijjhmia-jamais perdu ces deux grands objets de vue, & s’en étoit tenu en Prince p fl r ”,^ srd’honneur aux mesures qu’il avoit prises, au lieu de dissimuler pour réussirdans les plus indignes A les plus lâches projets. 11 montra aussi dans cetteoccasion une capacité, dont il auroit pu faire un usage plus avantageux.
Et bien que l’on puisse soupçonner, & peut être prouver, qu’il agissoitentierement par les inspirations de la Reine-Mere, qui avoit donné lessceaux à Birague fa créature, & étoit toujours environnée de son ConseilItalien, s’il avoit fait ce qu’il prétendent avoir dessein de faire, c’est - à-dire, s’il avoit congédié tous ceux qui avoient eu la principale part auxderniers troubles, rappelle les Montmorencis, & quelques-uns des Princesdu sang , qui étoient Catholiques, il auroit assuré la tranquillité de lanation, & rendu au Royaume fa splendeur. Mais tant s’en faut qu’il prîtce parti ; il feignit de bonnes qualités qu’il n’eût jamais; & pendant qu’illes affecta, elles produisirent une prospérité passagère,, qui auroit dû faireimpression sur iùi, s’il avoit eu une ombre de bon naturel, l’obliger àchanger de conduite, & à être réellement tel qu’il feignoit de paroitre.
C’étoit là si visiblement son intérêt, que ceux-là même, qui connoissoientUn peu ie fond de son cœur, & qui avoient plus à gagner que lui, s’yattendoient (c). Les égards qu’il eut pour la Justice, dans les affaires por-tées devant lui dans le Conseil, fit renaître le respect qu’on devoit avoirpour elle, dans tout le Royaume. Ses sujets l’admiroient, ses voisins lerespectoient & ] e recherchoient. II renouvella les Traités avec l’Angle-terre, les Princes d’Aliemagne & le Grand Duc de Toscane. II s’excusaadroitement d’entrer dans la Ligue contre le Turc, parcequ’on l’appelloitla Sainte Ligue, & qu’il croyoit que cela pourroit donner de nouveaux om-brages aux Réformés. II fit à cette occasion au Légat du Pape un de cesc °ttiplimens équivoques, qui lui étoient propres. „ Assurez fa Sainteté de
(a) P>e Thon I. c. Mezeray ., Brantôme. (c) Hisl. de Matthieu , De Thon , D»
. 00 Mem. de la Reine Marguerite, Da- niel.nie/ p. 2j<5. ,