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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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i 3 4 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Sïotion zabethavecle Duc d’Alençon ; Elizabeth par des raisons mentionnées plus hautIX. sembloit favoriser cette recherche, & eiie accorda même à ce jeune Prin-f r . ni ™ ce, qui affectoit de netre point ennemi des Protestans, un fauseonduicMaisonde pour venir en Angleterre; quoiqu’il l’eût sollicité avec ardeur,il n ’en pro-Va'lois. fita point après savoir obtenu, parcequ’il étoit entré dans des intrigues

--assez extraordinaires. Ses Amis sollicitèrent ouvertement pour lui la Lieu-

tenance- Générale du Royaume, comme son frere l'avoir eue. Le Roiavoit de l’éloignement à !a lui accorder,& la Ileine-Mere encore plus; ce-pendant on ne pouvoir, gueres !e refiler (a).

Entreprise ^ ans ces entrefaites, les Réformés de Normandie s’avancerent avec undes Ré f or- Corps de Cavalerie près de Saint- Germain, où se trouvoit la Cour. Leur«fi, ?!<» dessein étoit d’enlever le Duc d’Alençon, qui y avoit consenti ; mais ilséchoue. vinrent dix jours trop tôt, desorte qu’il n’étoit pas prêt (/;). L’allarmeÍS74 ‘ ne laissa pas d’être fort chaude; les Catholiques feignant de croire qu’onvouloir leur payer la Saínt-Barthelemi en même monnoye, fe retirerentavec précipitation à Paris; la Reine-Mere & ses Dames furent du nom-bre; le lendemain le Roi s’étanc fait conduire à Vincennes, fit défense auDuc d’Alençon & au Roi de Navarre de sortir du Château, & on les gar-da à vue : il traita cette affaire comme une nouvelle conspiration forméecontre sa personne (c). Les Maréchaux de Montmorenci <& deCossé,étant venus pour fe justifier, furent arrêtés & envoyés à la Bastille. LePrince de Condé & les freres du Maréchal de Montmorenci auroient eu lemême fort, si le Prince, qui étoit dans son Gouvernement de Picardie,n’avoit pris le sage parti de se retirer à Strasbourg, & là à l'exemple duMinistre qui l’avoit séduit, il déclara que sa réconciliation à sEglise Ro-maine avoit été forcée, & à sa priere il fut de nouveau reçu à la commu-nion de l’Ëglife Protestante (d). La Môle, qui avoit trahi le Duc d’AIen-çon son Maître, & étoit un étrange composé de superstitution & de dé-bauche, eut la tête coupée, de même que le Comte de Conconas, Gentil-homme Piémontois, qui fans avoir de Religion avoit eu grande part à laSaint Barthelemi; Tourtai, homme de moindre qualité, fut roué (s). LeDuc d’Alençon fit une confession fort lâche , mais le Roi de Navarrefit paroitre beaucoup de résolution & de fermeté, & parla avec une sigrande liberté'à la Reine-Mere, qu’il lui fit perdre contenance (/). IIattribua tous les troubles du Royaume à fes artifices, & soutint qu’elle neles avoit excités que pour fe rendre nécessaire.

Mort de Cependant cette Princesse, qui ne négiigeoit rien pour réussir dans fesCnarksiX. vues en faveur du Roi de Pologne son fils, fit donner au Duc de Lorraineson gendre le titre de Lieutenant-GénéralduRoyaume, 6i sous prétexte dela nouvelle conspiration, elle fit courir risque à ceux qui étoient le plus por-tés , ou au moins qui étoient le plus en état de la traverser ; alors elle com-mença à agir plus ouvertement & plus hardiment en Souveraine. Le mal-

t^d) De Thou I. c. Daniel. fl) Mezeray, De Thou.

\o) Mein. de Marguerite L, I. Mezeray - (e) De Thou, Daniel1. C p- D8- (/) Mezeray, De Thou.

(c) Les ffiêmcs.