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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. i 37mis en même tems généralement haïe, excepté de ses créatures, qu’elle avoit Sectiostirés de la poussière & qu’elle soutenoit contre tout le monde. Le Chan- ix.celier engagea le Parlement à envoyer des Députés à la Reine-Mere pourla prier d’accepter la Régence. Elle obligea Je Duc d’Alençon & le Roi ^aistm %de Navarre d’écrire conjointement avec elle aux Gouverneurs des Pro- Valois.

vinces, pour faire connoitre à tout le Royaume leur bonne intelligence.---

Elle les transféra du Bois de Vincennes au Louvre, dont elle fit murertous les passages, à l’exception de la grande porte, & mettre de doublesgrilles aux fenêtres de leurs appartemens. Les deux Maréchaux étoientencore à la Bastille, & les Parisiens aiant témoigné une maligne joie deleur emprisonnement, la Reine en confia la garde aux Compagnies Bour-geoises. Elle envoya un Abbé Italien à la Rochelle pour négocier ou plu-tôt pour acheter une trêve, tandis que dans le même tems elle leva desTroupes Suisses & Allemandes Les Réformés tinrent, avec fa permissionune assemblée à Milhaud en Rouergue; ils y reçurent des Lettres du Ma-réchal de Damville & du Prince de Condé, & firent une Ligue avec lepremier comme Gouverneur de Languedoc, & déclarèrent le Prince Chef,Gouverneur-Général & Protecteur de la Confédération , mais ils bornè-rent son autorité, en lui donnant un Conseil (a). La Reine-Mereétoit fort mécontente de ces démarches , bien qu’elle dissimulât son cha-grin. Le 2 6 de Juin, fous prétexte de venger la mort du Roi son mari,

(V) Mezeray , Daniel T. XII. p. 353.

Grand-Maître de fa Garderobe, frère du Comte de Retz & l’Evêque de Paris. On dé-bita en ce tems-là, que la Reine-Mere lui dit en confidence que le Roi avoit desseinde fe défaire de lui, pour jouir plus commodément de fa femme; & que ce fut ce quiengagea lu Tour à donner du poison au Roi, mais il le suivit cinq semaines par la mê-me voie. M. de Thou ne parle point de ce fait ; mais il avoue, que les Chirurgiens& les Médecins qui ouvrirent son corps, y trouvèrent des taches livides, qui augmen-tèrent les soupçons, qu’on avoit, qu’il étoit mort de poison; aiant surmonté son pre-mier mal par la vigueur de la jeunesse & la force de son tempérament. Dans les der-niers jours de fa vie, son sang étoit tellement atténué, qu’il lui fortoit pas les pores. LeChancelier de l’Hopital avoit fait pour ce Prince une devise que l’on volt fur diversesMédailles. C'étoient deux Colonmes , entre lesquelles étoient les Armes de i'rance ,

Entourées du Collier de l’òrdre de St. Michel, & surmontées d’une Couronne fermée,avec cette inscription, Bktate £? Juflitia. Le Roi lui-même lit frapper une Médailleà Poccasion de la St. Barthelemi, où l’on voit la date du 24 Août 1572, avec cetteinscription Pistas excitavit Justitiam, la Pieté a armé la Justice. Au revers il étoit repré-senté fur son trône, tenant à la main droite une épée , ct à la gauche une main de Justi-ce foulant aux pieds les Rebelles, & autour fe lisoient ces- paroles Virtus in Rebelles.Observons, que peu après la St. Barthelemi, il parut une nouvelle Etoile , qui donnaheu à bien des conjectures, suivant le goût de ce tems- là Celle de Bcze, qui osaPrédire que la mort du sanguinaire Herode par l’ordre duquel le massacre avoit été fait,o’étoit pas éloignée, fut d’abord soit astiquée ; mais quand elle sembla vérifiée par la^nrt du Roi, on la respecta comme une Prophétie (r j. Après le dîner, qui suivit les^bseques, le Par'ement envoya commander à Amiot Grand Aumônier, de lui venirorre grâces comme Roi; ce qu’il refusa de faire & même fe cacha. II arriva quelque chose“ e semblable à l’enterrement de Louis XIV. (z).

D Meir,. p. scjvlr à PKist- de France T. I. p. 2 S, (,) Ucnv.b. T. I. p. 381,

Tome XXXI. . S