i 3 8 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section mais dans le fond pour inspirer de la terreur à ses ennemis de tous leSIX. Partis, elle fit décapiter publiquement l’infortuné Comte de Montgomme-
Dernkrs r j ^ a p r ès lui avoir fait souffrir une cruelle question , quoiqu’on lui eût pro-m'tIj rfe mis la vie, quand il s’ëtoit rendu (a). Elle reçut du Roi des Lettres Pa-VaTois, tentes qui lui confirmoient la Régence ; & aiant envoyé le Maréchal de—-- Retz fur les frontières de Champagne pour recevoir les Troupes étrangè-
res qu’elle avoit fait lever, elle partit pour Lyon, emmenant avec elle leDuc d’Alençon & le Roi de Navarre, mais elle laiffa les deux Maréchauxfous bonne & sûre garde (b).
Henri III- Henri III. avoit vingt - trois ans à son avènement à la Couronne. 11s’écìnpe de en reçut la nouvelle à Cracovie , le quatorzième jour après la mort de sonPologne & f rerCi Dès-ce moment-là il prit la résolution de s’échaper, mais il dis-^VAllema. 11 * simula fort finement, & empêcha les Polonois de suivre les mesures vio-gne & l'I . lentes qu’ils avoient d’abord dessein de prendre, qui étoient d’arrêter toustalie en j es François, & de les faire mourir si le Roi quittoit la Pologne (c). IIFrance. ^rtit néanmoins peu de jours après qu’il eut reçu la nouvelle , & suivitM. de Bellievre Ambassadeur de France si promptement, qu’il le joignitfur les terres de l’Ëmpereur. Le grand Chambellan ne laissa pas de l’at-teindre, le Roi lui dic les raisons de son départ, lui fit présent d’un dia-mant de grand prix, «St le pria de pourvoir à la fureté des François quiétoient restés en Pologne (d). L’Empereur Maximilien II. le reçut très-bien à Vienne, où i! se reposa quelques jours. Ce Prince en agit aveclui d’une façon bien rare parmi les Princes ; il lui indiqua les fautes qu’onavoit commises sous les regnes de son pere & de ses freres, lui conseillade regagner la confiance de ses sujets, d’accorder aux Frotestans des con-ditions raisonnables, <& de les observer ponctuellement. Maximilien luidonna une escorte, & le fit accompagner de ses deux fils, jusques fur lesterres de Venise (e). II fut reçu avec tout le respect dû à sa dignité, &la République lui donna le même conseil que l’Ëmpereur. II fut sicharmé de la réception qu’on lui fit à Venise, qu’il appella toujoursdepuis les neuf jours qu’il y passa, les jours enchantés (/). De Ve-nise il alla à Turin, où le Duc <& la Duchesse de Savoye lui firent degrands honneurs, mais il les paya trop cher, parcequ’ils l’engagerent àrendre Pignerol & deux ou trois autres Places, qu’il avoit encore enPiémont. Le Maréchal de Dumville vint le trouver à Turin , & futd’abord en grande faveur ; l’arrivée de quelques émissiires de la Reine-Mere, firent changer le Roi, qui eut même dessein de le faire arrêter ;mais le Duc de Savoye, fur la parole duquel le Maréchal étoit venu, luidonna une escorte pour s’en retourner. Le Maréchal arrivé en Languedocjura que de fa vie, il ne verroit le Roi qu’en peinture. Sur la fin d’Aoûtle Roi partie pour Lyon; le Duc de Savoye l’accompagna encore, commeil avoit fait à son départ de Venise, avec une escorte de six mille hom-
N> de Henri ilí. p. z-z. Edit. de 1720 .(h\ De Thon I. c. Mezeray,yj Daniel 1. c, p. 3 59*
(í) De Thon L. LVIII. Mezeray , Jour.
(á) De Thon, Daniel 1. c. p. ZSz»(r) Les mêmes.-(f) Mezeray,