14* HISTOIRE DE FRANCE. Lnr. XXIII.
Sbctïon corda aux Particuliers toutes leurs demandes, excepté au Roi de Na-IX. varre. Cet Edit sembloit promettre quelque calme à l’Etat, & il attiraDerniers n éanmoins fur la France de plus grands maux que ceux qu’elle avoicMaison i encore éprouvés.
Valois. Les Guises profitèrent de cette occasion, pour exécuter le projet que le
-Cardinal de Lorraine avoit déja formé en faveur du Pere du Balafré,nous
Commence - p ar lons de la fameuse Ligue Catholique; elle fut d’abord signée par JaquesLigue * la d’Humieres en Picardie, & peu après par Louis de la Trimouille Duc des ' Thouars, en Poitou, & en fort peu de tems par tous les Catholiques ar-dens du Royaume (a). II étoit parlé dans le projet de la Ligue du Roiavec respect, mais il lui étoit aisé de s’appercevoir qu’elle sappoit son au-torité par les fondemens. Les Protestans avoient déja leurs Chefs, & dé-formais les Catholiques s’attachoienc au Chef de la Ligue, & étoient obli-gés par les termes même dans lesquelles elle étoit conçue, d’exécuter toutce qu’il leur commanderoit pour le bien de la Cause, envers & contretous, fans exception. Le Roi pour en prévenir les dangereuses suites,résolut de s’en déclarer lui-même le Chef, par l’avis de son Conseil, bienque parla il dérogeât à ce qu’il avoit fait, <k que le grand but de la Liguefût d’annuller l’Edit de Pacification (b). D’ailleurs le Pape & le Roi d'E-spagne en étoient les Protecteurs, ainsi il ne pouvoit prendre un parti plusindigne de lui, en qualité de Roi, que celui auquel il fe détermina. II estvrai qu’il n’étoit déja rien moins que Roi à divers égards; son frere avoitl’Anjou, la Touraine & le Berri, & plus de cent mille écus de pension.Le Prince de Condé devoit avoir le Gouvernement de Picardie, & Peron-ue pour fa résidence ; & en attendant il s’étoit saisi de Brouage, & reítoitarmé. Le Roi de Navarre avoit ses propres domaines en Guienne; leMaréchal de Damville tranchoir du Souverain en Languedoc ; & ce quichoquoit le plus les François, c’est que le Prince Casimir devoit avoirla Seigneurie de Château Thierri en Principauté, une Compagnie decent hommes d’armes, la charge de quatre mille Reistres, douze mille écusd’or de pension, outre sept-cens mille argent comptant, & en attendantqu’on fût en état de le payer, on lui donna pour quartier l’Evêché de Lan-gres, qu’il ruina en y vivant à discrétion (c).
Etats de Vers la mi-Novembre, les Etats s’assemblerent à Blois, le Roi fit uneBlois; u fort belle harangue, & le Chancelier Birague une fort ennuyeuse. AvantRoi fe dé- | a je l’année, ils annullerent l’Edit de Pacification, & envoyerent desfalieue^R Députés au Roi de Navarre, au Prince de Condé & au Maréchal de Dam-recommence ville, pour les inviter de venir à l’Assemblée ; mais ce fut inutilement.la guerre. Quant au Duc d’Alençon, il s’étoit déja accommodé avec la Cour, & l’oni57?- soupçonna fortement, qu’il s’étoit conduit par les avis de fa mere, pen-dant tout le tems qu’il en avoit été éloigné (d). Au commencement deTannée 1577, les Etats se déclarèrent absolument contre toute tolérancepour les Réformés, <Sc qu’on ne souffriroit d’autre Religion que la Catho-
(a) De Thon L. L XIII. Mezeray, Danielp. 410 &'suiv
(p) Matthieu , Mem. de Marguerite,
(c) Mezeray p. 212, 213. De Thon &al.
(d) Les mêmes.