HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. i 43
lique, le Roi se déclara chef de la Sainte Ligue, c’est le nom qu’on lui Sectiondonna, la formule en fut envoyée dans les Provinces pour la faire ligner ; IX.
& on résolut de recommencer la guerre contre les Réformés. Le but du
Roi étoit d’obtenir de l’argent, & les Etats finirent fans lui en accorder. yiaìsm a (li
Le Duc d’Alençon, aiant fous lui les Ducs de Guise &d’Aumale, prit quel* Valois.
ques Places entre autres la Charité ; & à tout prendre les Catholiques rem---
porterent l’avantage presque partout fur les Réformés. Ce fut en grandepartie feffet de la mésintelligence entre les Chefs du Parti. Les Rocheloisétoient jaloux du Prince de Condé, le Roi de Navarre n’agissoit que foi-blement, & le Maréchal de Damville cherchoit à fe maintenir en Langue-doc dans l’indépendance ; on le soupçonna même d’avoir des intelligencesavec la Cour, ce qui engagea les Réformés à fe saisir de Montpellier & dequelques autres Places de son Gouvernement.
Heureusement pour eux la division étoit encore plus grande à la Cour,- Nouvellele Roi étoit extrêmement jaloux du Duc d’Alençon, & redoutoit encore paix.davantage le Duc de Guise (a). Le Duc de Montpensier, plus qu’à-de-mi mécontent, saisit cette occasion pour proposer de faire la paix, quifut précédée d’une trêve dans le mois de Septembre, & conclue dans lemois suivant ; le Roi la signa à Poitiers, & le Roi de Navarre à Bergerac(b). Par ce Traité l’Edit de Pacification fut rétabli , avec quelques re*strictions, qui choquèrent fort les Réformés les plus zélés. Mais Je Prin-ce de Condé, qui connoissoit parfaitement leurs intérêts, & qui sentoit sapropre situation, en fut si content, que le Courier, qui lui en apporta lanouvelle à Saint-Jean d’Angeli,étant arrivé de nuit, il la fit publier sur lechamp aux flambeaux (c). Cependant le luxe & la débauche regnoienttoujours à la Cour, & ne fesoient qu'augmenter; nous n’en citerons quedeux exemples. Le premier est rétablissement des Comédiens Italiens (d),qui jusques-là n’avoient pas paru en France. Leurs bouffonneries étoientaccompagnées de tant d’indécences, que malgré les Lettres Patentes ditRoi qu’ils présentèrent au Parlement , la Cour leur défendit de jouer, fouspeine d’une grosse amende: mais le Roi, d’ailleurs fort inconstant, pre-boit tant de plaisir à leurs représentations, qu’ils recommencèrent par íàPermission & fa juffion. L’autre exemple est l’avanture de M. de Ville-quier un des Favoris de Henri; aiant découvert par une Lettre que fafem-We étoit grosse d’un autre, qui avoit empoisonné sa propre femme, & laRllicitoit de l’empoisonner lui auiìì, il la poignarda avec sa fille de cham-bre , dans le Château de Poitiers où étoit le Roi, Òt pas loin de l’apparte-^ e nt de ce Prince; ce qui n’empêcha point qu’il n’obtint son pardon aulïï-Rst qu’il le demanda: ce qui fit dire ; que quoiqu’elle fût assez libérale deRs faveurs, elle les avoit résistées au Roi (e).
Il y avoit toujours une grande animosité entre les Catholiques & les Ré Négocias-I°nne's, & malgré la paix il fe fesoit de part & d’autre de fréquentes en tiens de tóReprises. Les troubles de la Cour étoient plus grands que jamais ; les Fa Kà-fstè--
(rt) Mezeray , la Popeliniere.
(b) De Ihm L. LXiV. Daniel T. XII.4 - 4 . 0 ,
(D Matthieu L, VII. Mem, de Sullì L. I-(d) | ou ruai de Henri 111. p. 18 :
Le môme,.- p. jp,, 20 . De Tì'mi 1. c4