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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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144 HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.

Section voris du Duc de Guise avoient de fréquentes querelles avec les Mignonsdu Roi, & quelquefois en tuoient; le Roi prodigue envers eux pendantDerniers } eur v ; e ^ j es àsoit enterrer magnifiquement après leur mort, fans oser lesMaison de venger (s). Le Duc d’Alençon avoit aussi ses favoris, & il prit si fortValois. leur parti dans les querelles qu’ils avoient avec les Mignons du Roi, qu’il'■—'—— quitta encore la Cour, ce qui fit craindre de nouveaux troubles. La Rei*re avec le ne -Mere s’entremit, & pour sauver la France, elle tourna les vues de sonvarn àé de l’Angleterre & des Pays - Bas, bien qu’il n’en agit avec elle

15 ’ 7 g. ni avec la tendresse d’un fils, ni avec le respect qu’il lui devoit comme

Reine (b). Elle alla ensuite à Nerac, où le Roi de Navarre tenoit saCour, sous prétexte de lui mener la Reine Marguerite fa femme , maisdans le dessein de gagner ce Prince s’il étoit possible, ou au moins de ré-gler diverses difficultés pour prévenir une nouvelle guerre (c). Dans cettevue, elle mena avec elle quelques-unes de ses Dames , & passa quel-ques mois en Guienne. On dit que la Reine de Navarre toucha telle-ment le cœur d’un grave Magistrat, qui avoit l’oreille de fa mere ,quelle fit tourner les choses à l’avantage du Roi son mari; ainsi qu’onle verra plus bas.

Evènemens Le Maréchal de Bellegarde , à son retour de Pologne, avoit été endivers» grande faveur auprès du Roi, mais il n’y fut pas longtems ; pour se ven-ger il se saisit du Marquisat de Saluces, Ck s y maintint malgré la Cour,par l’appui du Duc de Savoye (r/) & du Roi d’Ëspagne. La Reine-Mere ne trouva pas de meilleur expédient pour le gagner, qu’en luiconfirmant le Gouvernement do rit il s etoit emparé. Pendant l’abfence dela Reine-Mere, le Roi continuoit toujours à vivre dans la mollesie’ &la débauche ; il ne pensoit qu’à piller le peuple, & il envoya à une foisvingt deux Edits Bursaux, dont le Parlement n’en voulut enregistrer quedeux ; mais le Roi le força d’enregistrer quelques - uns des autres, les moinsonéreux. Le Chancelier Birague aiant obtenu le chapeau de Cardinal, leRoi donna les sceaux à Chiverni, créature de Birague. Quelque misérableque fût la France, les Pays - Bas l’étoient encore davantage, y aiant quatreou cinq Princes qui s’en disputoient le Gouvernement , chacun à la têted’une Armée. Pour aggraver les malheurs, les Catholiques appellerentle Duc d’Alençon, qui suivant son caractère turbulent, accepta leurs offres,& augmenta par là les troubles qu’il devoit appaiser (e).

Injìttution Le premier jour de lan r 579 . le Roi exécuta un projet, qu’il mé-ífeTOrdre ditoit depuis longtems, & qui est le plus beau de tout son régné. L’Or-du St. Es- à de Sc. Michel étoit depuis longtems fort avili par le grand nombrede ceux à qui ©n l’avoit donné, fans distinction, jusques-là qu’on ap-‘ pelloit par dérision le Collier de cet Ordre, le Collier à toutes bêtes.Sans l'abolir le Roi institua celui du Saint Esprit (/),• le npmbre des

Che-

(a) Mezeray T. V. p, 23t. Journal de (d) Gnichinon Hist. de la Maison de Sa*

Henri III. p, 23, 24. voye, Daniel 1 . c. p. 417 -

(b) De Thon. í» Journal de Henri III. p. 27. Stradì.

(c) Mem. delaIleineMargueriteL.nl. (f ) Mezeray 1 . c. p. 240. Daniel, p.

250. Journal de Henri III. p. 2L, 29.